La neuvième édition a débuté hier. Pendant deux jours, la manifestation permet aux futurs doctorants de présenter leur sujet de thèse devant un jury scientifique qui, cet après-midi, distinguera les lauréats de la compétition.
Par Aude Perron
Pas facile pour Charlotte Carré d’ouvrir deux jours de présentations orales devant chercheurs, professeurs, étudiants et membres du public. C’est ce qu’elle a fait, hier matin, dans le cadre de la neuvième édition des Doctoriales, organisées par l’Université de Nouvelle-Calédonie (UNC).
Au programme, les exposés successifs d’une trentaine d’étudiants de l’école doctorale du Pacifique. Ils disposent chacun de vingt minutes pour expliquer leur sujet de thèse et répondre aux questions du public et du jury, composé de professeurs, de chercheurs et d’institutionnels.
Des moustiques…
Il s’agit d’un exercice auquel ils sont peu habitués, comme en attestent la fébrilité de certains ou les réponses parfois un peu approximatives des autres. Mais pour le président de l’UNC, Gaël Lagadec, les Doctoriales permettent de valoriser leurs travaux qui, « de part leur richesse et leur diversité, montrent la vitalité de la recherche en Nouvelle-Calédonie».
Élodie Calvez, thésarde en biologie des organismes, se penche sur le moustique, le vecteur du virus dans le cadre d’épidémies d’arboviroses en Nouvelle-Calédonie et dans le Pacifique. « Les arboviroses constituent une grande problématique, confie-t-elle. Et on ne connaît presque rien sur les interactions entre les virus et les vecteurs. Il y a tout à faire. » La jeune femme de 28 ans a évalué la capacité de Aedes aegypti et Aedes polynesiensis à transmettre la dengue et le zika.
Elle a pu mettre en évidence que le voyage de ces virus dans l’organisme du moustique est, par chance, freiné par la barrière intestinale, puis le passage dans les glandes salivaires. « Comment expliquer alors l’épidémie de zika qu’a connue la Polynésie en 2013 ? », interroge un membre du public. « C’est davantage dû à la densité de moustiques porteurs et au manque d’immunité de la population face à ce virus », explique la doctorante.
… et des diplômés
Pour sa part, Lucia Xewe, thésarde en économie, a fait son exposé sur la formation continue comme outil de développement. Avec des données de l’ISEE, elle a montré à quel point la proportion de Calédoniens formés avait progressé entre 1989 et 2009. « Mais il y a encore de fortes inégalités et 25 % de la population sont toujours non-diplômés », ajoute-elle. Si cette progression est le fait, en partie, de la formation continue, Lucia Xewe fait la distinction entre l’apprentissage en entreprise, qui profite davantage aux techniciens et aux cadres, et celui à travers les dispositifs des collectivités, qui s’adresse plutôt aux demandeurs d’emploi. « Mon objectif avec cette recherche, c’est d’évaluer les politiques publiques », résume-t-elle.
Aujourd’hui, la deuxième partie des doctorants expose ses travaux. Les lauréats seront dévoilés vers 17 heures. Programme :
8h00 – 10h00 : troisième session de présentations orales.
10h30 – 12h10 : seconde session de présentation de posters.
13h30 – 15h10 : quatrième session de présentations orales.
15h10 – 16h30 : les enjeux de l’insertion professionnelle; parcours d’anciens jeunes docteurs de l’EDP.
16h30 – 17h00 : délibération du jury et attribution des prix.
17h00 – 17h30 : bilan général des Doctoriales.
Photo : A. P.
Les Doctorales 2016 : c’est parti, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 août 2016.

