Hier, des enseignants, adjoints académiques et autres directeurs d’établissement scolaire faisaient leur rentrée, directement en deuxième année.
Par Aude Perron
Ils étaient quarante à candidater, mais seuls douze ont été retenus pour intégrer le tout nouveau Master métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF), mention pratiques et ingénierie de la formation (PIF). Ces six Calédoniens et six Vanuatais sont ici avec une ébauche de projet de formation ou un dispositif à mettre en place sur leurs lieux de travail. Enseignante à Lifou, Marie-Christine trouve qu’il y aurait intérêt à mieux mettre en commun les moyens dans l’enseignement des langues kanak à l’école. « Il faut harmoniser l’existant dans l’enseignement des langues, harmoniser les outils. Et pourquoi pas aller au bout de la démarche en intégrant également l’enseignement des savoirs traditionnels ? »
Sur cet aspect, elle est rejointe par quelques collègues du Vanuatu : deux d’entre eux évoquent le niveau « catastrophique » des élèves ni-van dans les matières scientifiques et proposent de trouver des ancrages dans les savoirs coutumiers pour mieux contextualiser les sciences.
Donner du sens
« Le socle commun de connaissances et de compétences ne prend pas en compte le fait que nous sommes en Océanie », acquiesce Pierre-Yves Leroux, professeur à l’ESPE-UNC et un des formateurs du Master PIF. Pour Jean-Pascal Osca, assistant du proviseur dans un lycée de Santo, il faudrait redonner du sens à l’école. « Les élèves viennent à l’école un peu par hasard, par obligation. Il faudrait intégrer les parents, à travers les associations des parents d’élèves, au niveau extrascolaire pour que cela ait du sens pour eux aussi. »
En juin 2016, après 350 heures d’enseignements (cours, travaux dirigés en classe et enseignements à distance via podcasts et skype) et la rédaction de mémoire, ces grands élèves seront en mesure de mettre sur pied une formation, ou un dispositif, qui réponde à une problématique d’enseignement. « Il faut augmenter les compétences des enseignants, toujours dans l’optique de mieux faire apprendre et réussir l’élève, rappelle Pierre-Yves Leroux. Bien entendu, cela demande que ces formations conduisent à des changements au niveau des pratiques professionnelles. »
Photo : Jacquotte Samperez
Former les formateurs, Les Nouvelles Calédoniennes, 6 octobre 2015.

