APEI : comment s’en sortir ?

Sous l’égide d’une intersyndicale, les éducateurs ont manifesté samedi matin et interpellé les autorités compétentes sur des dysfonctionnements dans les trois structures gérées par l’APEI. Cette dernière rétorque que les choses avancent.

Par Aude Perron

Samedi matin, plus d’une soixantaine de personnes, liées à l’une des trois structures gérées par l’Association des parents et amis de personnes handicapées intellectuelles (APEI), ont marché pour dénoncer une situation qui dure et qui ne semble pas vouloir se régler.

Harcèlement. Sous l’égide d’une intersyndicale – USSNC, FO et la section APEI du STKE -, le collectif de travailleurs et des sympathisants à leur cause se sont rendus au gouvernement, à la province Sud, au Congrès et au haussariat pour déposer un cahier de doléances.

Leur liste est longue et toujours la même : « mauvais traitements à l’encontre des accueillis », « violences faites aux salariés », « nombreuses irrégularités » ou « licenciements abusifs », pour ne nommer que ceux-là. Ces points de blocage sont soulevés à intervalles réguliers, comme en font foi les nombreux mouvements sociaux qui, depuis plusieurs années, secouent les trois structures (IME, FPAD et CAT).

A ces griefs, un audit datant de 2011 souligne également « des ressources manquantes », « un management de qualité moindre », entre autres choses.

« Aujourd’hui, rien n’a bougé. Nous sommes fatigués de ces dysfonctionnements. Le harcèlement moral continue. On mandate les femmes de ménage pour surveiller les éducateurs. Un collègue reçoit un avertissement car il prend trop d’initiatives. C’est le monde à l’envers ! » résume une déléguée syndicale de l’USSNC, en procédure de licenciement. « Il y a beaucoup de désinformation dans tout ça. Depuis 2010, il y a eu six directions différentes et trois présidences à l’APEI. Alors, d’où vient le harcèlement ? On peut s’interroger ! » ironise Valérie Lo, directrice de l’APEI, jointe par téléphone.

La revendication prioritaire pour le collectif : l’intégration des trois structures d’accueil dans le groupement d’intérêt public Handicap et dépendance (GIP-HD). En clair : une mise sous tutelle. « Nous pensons que l’APEI n’a pas les compétences pour cette mission et qu’elle est dépassée. Il faut que nous soyons confiés à des professionnels », poursuit la déléguée syndicale.

Selon toute vraisemblance, ce transfert, qui était prévu en juin, serait en cours. Le collectif demande également un pédopsychiatre et une assistante sociale. « Ces compétences sont nécessaires, sinon c’est comme si nous faisions de la garderie », justifie la déléguée syndicale. « Nous n’avons jamais été opposés à cela, se défend Valérie Lo. Mais nous n’avions pas les moyens. » Toutefois, en juin dernier, le prix à la journée a été augmenté. Ainsi, avec ces nouveaux moyens, un pédopsychiatre vacataire et une psychomotricienne ont pu être recrutés et une infirmière et un orthophoniste doivent arriver incessamment.

Dialogue. En milieu d’après-midi, Firmin Trujillo, représentant la centrale FO, n’avait pas l’impression d’avoir été entendu par les interlocuteurs interpellés pendant la manifestation. « Tous connaissent déjà le dossier et se le refilent. L’APEI, c’est vraiment la patate chaude. S’il faut monter au créneau, on le fera. » Il se dit encore ouvert au dialogue, alors que les délégués syndicaux ne sont pas invités aux groupes de travail mis en place suite à la grève des mois de mars et avril : « Ils font leurs réunions entre eux, alors que nous sommes quand même concernés ! Où est le dialogue ? » A cette absence flagrante, Valérie Lo assure que la situation est en passe d’être améliorée : « Nous avons deux chefs de service qui viennent d’entrer en poste et seront inclus dans les groupes de travail. »

Photo : A. P.

APEI : comment s’en sortir ?, Les Nouvelles Calédoniennes, 2 novembre 2015.

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