Ca swingue à Poindah !

Ce n’est pas la visite que les jeunes et les moins jeunes reçoivent tous les jours. Mais samedi dernier, la tribu de Poindah a accueilli dix-huit musiciens de la fanfare Malawi, ainsi que leurs percussions, leurs cuivres et leurs bois.

Par Aude Perron

La commune de Koné est le premier arrêt en province Nord de la troupe. La tournée doit durer une semaine et inclut des prestations notamment à Koumac, Poum, Pouébo, Hienghène, avant de se terminer, samedi prochain, à Poindimié. Ce n’est pas la première sortie hors Nouméa de cette bande de joyeux lurons qui a déjà eu l’occasion de jouer à Canala, Ponérihouen ou l’Île des Pins. Mais c’est la première vraie tournée en brousse. Pour le plaisir de tous.

La Fanfare Malawi, c’est le projet un petit fou d’une petite poignée de musiciens amateurs qui, en 2005, décident de constituer un groupe. Au fil du temps, la troupe a grossi tant et si bien qu’aujourd’hui, elle compte autant que 25 membres. Ce sont surtout des adultes, des hommes et des femmes professionnels de tous les âges. Ils sont réunis par la musique, mais l’amitié a vite fait de s’en mêler. « On est rendu une bande de copains », confirme Olivier Beal, sousaphoniste et président de l’association de la fanfare. Avec les surnoms qu’ils se sont donnés – Gros Steak, Perruque, Popoche – on n’a aucune difficulté à le croire !

Il n’en demeure pas moins que la fanfare, c’est un boulot sérieux. Les musiciens amateurs répètent chaque mardi, pendant deux heures. Ils jouent un ou deux concerts par mois, dans des bars et toutes sortes d’événements, dont les cachets sont versés à l’association qui en profite pour acheter de nouveaux instruments. Leur répertoire compte une cinquantaine de morceaux de styles musicaux divers : variété française, musique de féria, de l’Europe de l’Est, chansons thèmes de dessins animés, etc. « C’est ça qui est bien avec une fanfare : tu peux jouer tous les styles musicaux car toutes les voix sont là », estime Olivier Beal.  

La fanfare offre un autre avantage par rapport à d’autres formations musicales : il n’y a que peu de logistique et pas d’équipement à louer ou traîner lors des représentations. Tout le monde apporte son instrument, c’est tout. Pour les concerts en dehors de Nouméa, il suffit d’ajouter la tente et le sac de couchage et de poser des jours de vacances, si on n’est pas en week-end. Bref, la fanfare se prête parfaitement aux musiciens qui veulent voir du pays : « Notre passion à tous, c’est de jouer et de voyager, dit Olivier Beal. La musique nous ouvre toutes ces portes. »

Photo : A. P.

Ca swingue à Poindah !, Les Nouvelles Calédoniennes, 8 avril 2011.

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