La conférence sur l’accès au crédit organisée pour la première fois à Koné, à l’initiative de l’Agence Française de Développement (AFD), a attiré par moins de quatre-vingts petits et grands porteurs de projets.
Par Aude Perron
Les représentants des milieux économiques et financiers ont répondu présents, prêts à mieux se faire connaître, à la conférence sur le crédit qui s’est tenue le 21 octobre dernier, à Koné. L’objectif de ce rendez-vous initié par l’Agence Française de Développement ? Démontrer qu’accéder au crédit est possible, même pour une petite entreprise établie dans une zone isolée et en mal de fonds propres.
Les artisans et les entrepreneurs de la province Nord ont donc profité de l’occasion pour obtenir conseils et avis en un seul et même lieu, grâce au rassemblement de tous les partenaires économiques et financiers de l’entreprise, disposés à rencontrer tout un chacun sur une base individuelle : entre la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA), coorganisatrices de l’événement, la Fédération des Banques Françaises, l’Institut d’Émission d’Outre-Mer et l’AFD.
Les porteurs de projet ont ainsi pu se rendre compte de la palette d’outils assez complète à leur disposition, mais dont les entreprises, parfois insuffisamment informées, ne tient pas pleinement partie.
Trois questions à Jean-Yves Clavel, directeur de l’AFD
Quels sont les facteurs contrariant l’accès au crédit ?
Le plus fréquent, c’est en réalité la méconnaissance par l’entreprise des besoins du banquier en termes de chiffres ou de documents à présenter; les termes financiers sont parfois méconnus des entrepreneurs, spécialistes de leur métier, mais pas forcément formés à la gestion. Le coût du crédit peut être également un frein pour des petites entreprises dont la rentabilité est fragile.
Certains outils existent cependant pour faire baisser le coût du crédit, qu’il s’agisse du réescompte accordé par l’IEOM aux banques ou encore du prêt environnement et maîtrise de l’énergie (proposé par l’AFD à travers les banques) et permettant d’offrir aux clients des taux à long termes inférieurs à 4 %. L’insuffisance de fonds propres et de garanties sont les autres obstacles à l’accès au crédit, mais c’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule…
Que voulez-vous dire ?
Que l’on ne devient pas riche en un jour ! Et qu’avant de se constituer du patrimoine important à apporter en garantie ou destiné à renforcer les fonds propres de son entreprise, il faut un coup de pouce au démarrage ! Il existe d’ailleurs de nombreux outils en Nouvelle-Calédonie pour pallier le manque de fonds propres (subventions publiques, prêts d’honneur, intervention en capital de l’ICAP, etc.), et des fonds de garantie existent pour rassurer les banques sur les dossiers des TPE. Une fois que l’entreprise a acquis un vrai savoir-faire, un véritable fonds de commerce, elle a en général tous les moyens nécessaires pour obtenir le prêt suivant. Mais tant qu’une personne n’a pas développé son entreprise, elle ne peut pas offrir beaucoup de garantie.
Quelle réponse apporte alors l’AFD ?
L’AFD, à travers sa filiale SOFEFOM, garantit es banques pour les crédits qu’elles octroient aux TPE-PME pour leurs investissements à moyen et à long terme, leurs besoins en trésorerie à cour terme, pour la transmission de leur entreprise ou encore pour la restructuration de certains de leurs crédits. L’AFD garantit ainsi entre 40 et 80 % du crédit jusqu’à un plafond de 60 millions de francs. L’objectif, pour l’AFD, est d’inciter les banques à prêter à une cible d’entreprises, les TPE et PME, qu’elles ont plus naturellement tendance à trouver plus risquée. Avec la garantie SOGEFOM, la banque est rassurée et accorde le crédit. En contrepartie, la banque s’interdit de prendre une hypothèque sur la résidence principale de l’emprunteur et doit limiter la caution personnelle et solidaire sur une personne physique à 50 % maximum du montant du crédit. Le patrimoine de l’entrepreneur est donc protégé.
Photo : A. P.
Du crédit et des garanties pour le Nord, Objectif, février-mars 2011, p. 68-69.

