Ensemble pour Paris-Bastia

La Corse et la Calédonie, c’est une histoire de coeur. Dans le foot aussi.

Par Aude Perron

A 4-0 pour le PSG, ce n’était pas le match espéré, loin de là. Ce n’est pas tant l’issue qui a déçu, mais bien le carton rouge contre le Bastiais Squillaci, à la 19e minute. « Les dés étaient pipés ! Le penalty était justifié, mais pas l’expulsion du défenseur, commente Dominique, un supporter de l’équipe corse. Après, c’est difficile. On a subi le reste du match. » Derrière lui, un ami qui n’a rien raté de cette retransmission matinale au Malecon, organisée dimanche par l’Amicale des Corses, ajoute, en riant : « D’ailleurs, vous savez, on ne dit plus PSG : on dit Qatar-SG ! »

Malgré tout, Dominique n’est pas peu fier de la présence de Bastia en Ligue 1 et de son accession à la finale. « C’est David contre Goliath car les rapports sont inégaux : la masse salariale de Bastia, c’est le salaire d’Ibrahimovitch ! On a de petits moyens, mais on progresse. Il y a quatre ans, on était en 3e division (NDLR : Championnat National) », rappelle-t-il. Un tour de force, en somme.

Marc Kanyan Case, ancien ailier gauche du Gazelec Ajaccio (1963-1969) puis du SEC Bastia (1969-1975) était également présent hier matin. A 72 ans, il suit encore tous les matches de ses anciennes équipes. « Il y a un lien d’amitié et de respect entre le foot calédonien et le foot corse. J’ai été parmi les premiers Calédoniens à être sélectionné pour aller jouer là-bas et j’ai fait venir les autres. Ça continue aujourd’hui : dès qu’on a un jeune qui a du talent, on l’envoie en Corse. Le climat est le même, ça ne dépayse pas trop. Ce sont des détails qui comptent. »

Des liens naturels

Ces liens d’amitié, si naturels semble-t-il, vont bien au-delà du foot, pour Joëlle Pancrazi, de l’Amicale corse, association qui a fêté son centenaire il y a deux ans. « Il y a l’insularité, la chaleur, les paysages : c’est une affaire de cœur. »

Entretenir et donner un nouveau souffle à ces liens, c’est le défi que s’est donné le nouveau bureau de l’Amicale qui était en dormance depuis quelques années. La retransmission du match dont l’affiche est la même qu’il y a 20 ans, en 1995, était donc tout indiquée. « Nous sommes aussi en train d’essayer de retrouver l’origine des premiers Corses arrivés sur le territoire. C’est sûrement le bagne, mais on n’est pas certain encore. Et on va aider les Calédo-Corses à remonter leurs racines. »

Ensemble pour Paris-Bastia, Les Nouvelles Calédoniennes, 13 avril 2015.

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