L’Art-bus reprend du service

Le véhicule itinérant de la mairie a retrouvé la semaine dernière le chemin des écoles de Nouméa. Jusqu’en novembre, l’Art-bus fera escale dans vingt-cinq établissements publics et privés et initiera à l’art figuratif les classes de cycles 2 et les Clis.

Par Aude Perron

«On dirait qu’elles fondent ! » « C’est comme si c’était du caramel ! » Bien assis sur les banquettes de l’Art-bus, les yeux rivés sur Les Tournesols de vent, les élèves de CE2 de l’école Christine-Boletti, à Magenta, s’en donnent à cœur joie pour décrire les fleurs dégoulinantes – façon Van Gogh revisité – de Robert Combas. Pendant une heure, ils seront initiés, par Laura, l’animatrice de l’Art-bus, à l’œuvre de cet artiste français, thème de l’exposition pour la saison 2015. Le but, développer leur sens de l’observation et les sensibiliser à l’art en général.

Nouveauté. C’est là tout l’objectif de la ville de Nouméa avec ce véhicule itinérant qui, depuis 1997, promène son exposition d’école en école. D’ici la fin de l’année scolaire, il s’arrêtera dans vingt-cinq établissements publics et privés de la commune et accueillera, le temps d’une journée, des classes de cycle 2 et des Clis. Certaines en profiteront pour réaliser des ateliers d’application d’arts plastiques sur deux ou trois journées.

Nouveauté pendant les vacances d’avril, l’Art-bus fera escale à la maison de quartier Magenta Soleil et accueillera en matinée les enfants de plus de 8 ans pour une visite de l’exposition et des ateliers créatifs.

Le choix de l’artiste n’est pas fait au hasard. « C’est un peu la suite logique des choses puisque c’est Hervé Di Rosa, qui était au centre de l’exposition en 2014, qui invite cette année Robert Combas », explique Laura. Ensemble, ils ont cofondé, au début des années 80, le mouvement Figuration libre, qui se caractérise par le recours aux images simples, colorées et illustratives et qui rappellent la bande dessinée et le dessin animé. Pour capter l’imaginaire des enfants, quoi de mieux ?

Harmonie. Le tableau Bataille Chevaleresque réunit justement toutes les techniques propres à l’univers de Robert Combas : l’agencement parfois peu harmonieux de couleurs, les formes remplies de motifs et cernées de noir, les personnages déformés, etc. Une façon de montrer que dans le désordre, existe une certaine harmonie. Et tout comme la nature ou les espèces menacées, la guerre est un des thèmes de prédilection de l’artiste contemporain. Ce sont également des sujets qui touchent les enfants et qu’ils sont capables de comprendre à leur manière. « Dans une classe précédente, un élève a compris de ce tableau que la guerre était un cirque, rapporte Laura, encore impressionnée. Chaque commentaire que les élèves font nous donne des clés. » Des clés pour comprendre leur lecture des arts et ainsi continuer à les y sensibiliser.

Photo : Julien Cinier

L’Art-bus reprend du service, Les Nouvelles Calédoniennes, 31 mars 2015.

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