Le salon du tourisme bat son plein ce week-end au centre Tjibaou

Idées de séjour, activités, bonnes affaires et animations, le tourisme est à l’honneur aujourd’hui et demain. Hier, le salon était réservé aux professionnels pour créer ou renforcer les liens commerciaux.

Par Aude Perron

Le Salon du tourisme n’est pas encore ouvert au public que déjà, le centre culturel Tjibaou grouille de monde. Hier, l’événement était réservé aux seuls professionnels du secteur : tour-opérateurs (TO), hôteliers, transporteurs, prestataires d’activités, offices de tourisme et autres.

Derrière leur table et dispatchés à l’intérieur du centre et dans les jardins, une quarantaine d’exposants locaux ont pris part à cette journée de speed dating et ont pu rencontrer six médias australiens et/ou néo-zélandais spécialisés dans le tourisme et surtout, une vingtaine de TO australiens, néo-zélandais et… italiens.

Du goût des Italiens

Connie Cavallaro représente justement Mappa Mondo, à Rome, et développe des packages à destination de l’Australie et du Pacifique. « Il y a ici un vrai potentiel pour ma clientèle, explique-t-elle, entre deux rendez-vous de quinze minutes. Je reviens d’Ouvéa et les Italiens aiment les plages exactement comme là-bas. »

Si la Nouvelle-Calédonie fait souvent partie d’un package pour l’Australie, la voyagiste croit qu’elle va désormais pouvoir vendre le Caillou séparément. « Je suis venue il y a quinze ans, et aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a beaucoup de choses à faire sur Nouméa. Avant, on programmait une seule nuit : ce n’est plus suffisant. »

Le potentiel du tourisme italien, Jean Rambaud, directeur du Groupe GLP, y croit lui aussi. Selon lui, c’est même le seul marché en Europe qui peut fonctionner. « Avant, la mode, c’était d’aller aux Maldives. Ensuite, les Italiens se sont mis à aller à Bali, puis à Bora Bora. Maintenant, ils vont au Japon. C’est peut-être notre tour, expose-t-il. Je pense qu’on a un coup à jouer avec l’Italie. » Avec les hôtels de son groupe, et notamment le Hilton, Jean Rambaud n’a plus à se présenter aux TO étrangers, « mais c’est important d’être présent à ce salon, confie-t-il. Avec les TO, il faut être constamment en contact. » Pendant ce temps, le stand d’Air Calédonie, à l’entrée même du salon, était vide en matinée, en dépit des rendez-vous fixés.

Puissants opérateurs

Légèrement excentré, Nouméa Skydive a rencontré des TO kiwi et italien, qui semblent intéressés à proposer ses baptêmes de parachute dans leurs packages. « Mais c’est compliqué pour nous d’être prévendus, explique Maxime Dumortier, un des cofondateurs. Certains TO demandent des ristournes de 10, voire 20 %. D’autres, puisque nous avons une activité à risque, nous demandent des garanties disproportionnées par rapport à notre prix de vente. »

Son de cloche semblable chez Nautilus Tours, spécialisé dans le sport et l’éco-tourisme : « Les TO demandent des ristournes alors qu’il n’y a pas de garanties sur le volume de touristes qu’ils peuvent apporter en échange », reproche Sébastien Davignon, directeur de l’agence. Pour lui, le potentiel commercial se trouve plutôt auprès des TO spécialisés à qui il peut proposer des packages golf, surf, cheval ou pêche, par exemple. « On gère tout et on est en mesure d’adapter le programme du client, en cas de mauvaise météo par exemple. » Cependant, si parmi les TO présents au salon aucun n’est spécialisé dans le sport ou l’outdoor, il faut être à ce salon, poursuit Sébastien Davignon. « Les TO se rendent compte de toutes les activités qu’il y a à faire ici. »

Pendant ce temps, la représentante de TripAdvisor à Sydney a un tout autre objectif : convaincre hôtels, restaurants et prestataires d’activités de s’afficher sur sa plateforme. Le site en recense respectivement 49, 127 et 237 et Jessica Quinlan sait qu’il en manque. Toutes les raisons sont bonnes d’y être, pourtant. « C’est gratuit et les critiques permettent de savoir comment vous avez été évalué et comment s’améliorer. Mais il faut aussi gérer son profil. L’idéal est d’y aller une fois par semaine, en mettant des photos ou en répondant aux clients. » Plus de 29 000 de ces critiques concernent les opérateurs touristiques du Caillou. « Mais 78 % ont une note de 4 ou de 5 (5 étant la meilleure note, NDLR). C’est bien ! »

LE POINT DE VUE DE… Martine Lagneau, première vice-présidente de la province Sud

« Les provinces sont capables d’œuvrer pour l’intérêt commun »

Les Nouvelles Calédoniennes : Six mois après le lancement des Ateliers du tourisme, où en êtes-vous ?

Martine Lagneau : Le but des Ateliers, lancés en novembre dernier, était de revoir le Plan de développement touristique (PDT), datant de 2005, et d’élaborer un nouveau schéma directeur. Les professionnels ont été consultés selon neuf thématiques (transport, formation, promotion, entre autres, NDLR). En début d’année, ils ont fait des visites de terrain à Koné et à Lifou et en mars, se sont exprimés auprès des élus provinciaux. La synthèse et la rédaction de cette réflexion – bilan du PDT et recommandations – est en cours. Le nouveau schéma directeur, pour les cinq ans et les dix ans à venir, sera présenté début juillet.

Quelles sont les actions prévues ?

Elles sont très variées. Une priorité, c’est d’améliorer le niveau d’anglais. Nous allons aussi développer une signalétique pour identifier les sites touristiques, les hébergements, les points de vue, etc.

Les hébergements pourraient être classés, comme cela se fait déjà dans les îles où les accueils en tribu sont classés avec des fleurs de frangipanier.

Après l’Australie-Nouvelle-Zélande, puis le Japon, un troisième contrat de destination est en cours d’élaboration. Les sites Internet des trois organismes provinciaux dédiés au tourisme, seront réunis dans un portail unique, prêt en juillet.

Justement, le tourisme est une compétence provinciale : c’est un problème, non ?

Chaque province doit garder sa compétence, mais avec Mathias Waneux, de la province des Îles, et Emile Nechero, de la province Nord, nous œuvrons pour l’intérêt commun.

Depuis 2012, la promotion de la Calédonie à l’international se fait sous une marque unique, « Pacifique au Cœur ».

Une structure commune est d’ailleurs réclamée par les professionnels. Un GIE semble la meilleure forme juridique. Mais les trois présidents de province et le gouvernement doivent l’approuver et un financement doit être trouvé.

Quelques bons plans

Il y aura quelques bonnes affaires à faire aujourd’hui et demain. De manière générale, les prestataires présents ont bonifié leurs offres, en incluant les petits-déjeuners pour une nuit achetée, en proposant un surclassement ou la quatrième place d’une excursion. Exemples (conditions à vérifier) :

Air Calédonie : aller-retour île des Pins à 8 900 francs ; îles Loyauté à 11 900 francs ; Koné ou Touho à 11 900 francs.

Betico : 50 % de réduction sur le deuxième billet acheté.

Hôtel Evasion, à Sarraméa : une nuit offerte pour une nuit achetée.

Groupe Starwood : plusieurs offres dont une nuit en bungalow pour deux personnes, petits-déjeuners inclus, au Sheraton Deva, pour 25 500 francs. Ou une nuit en chambre supérieure, champagne et transferts inclus pour 31 000 francs.

Hôtel Le Lagon, à Nouméa : 15 % sur l’ensemble des prestations (nuitée, brunch, soins, etc.)

Aqualagoon, à Poindimié : bon d’achat au coût de 2000 francs (au lieu de 3 000 francs) à faire valoir sur une randonnée palmée ou un baptême de plongée.

Blue Paradise, à Bourail : 20 % de réduction sur toutes les activités nautiques.

Photo : A. P.

Le salon du tourisme bat son plein ce week-end au centre Tjibaou, Les Nouvelles Calédoniennes, 28 mai 2016.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *