Sous un autre angle

Mercredi, le collège s’est mobilisé contre le Sida en déployant, sur le plateau sportif de l’établissement, un immense ruban rouge qui a été photographié depuis un ULM. Près de 80 élèves de cinquième participaient à l’événement, destiné à changer leur regard sur la maladie.

Par Aude Perron

Il ne faut pas craindre les hauteurs, ni les virages serrés. Mercredi matin, Clarisse Letocart, secrétaire administrative du collège de Koné et photographe à ses heures, était penchée par-dessus la portière d’un ULM, dirigé par Pierre Couget, professeur d’EPS et accessoirement pilote, pour immortaliser une action contre le sida et le cancer. Sur le plateau sportif de l’établissement, les quelque 80 élèves de cinquième, revêtus de rouge, ont déployés un immense ruban rouge. Autour d’eux, leurs camarades de 6e, 4e, ALP et SEGPA et les enseignants assistent au spectacle. À 300 mètres de hauteur, l’effet est réussi, comme en font foi les photos prises. « C’est un moment festif, confie la principale du collège, Brigitte Viort, mais c’est surtout l’occasion de lancer un hameçon pour ramener les élèves vers les intervenants et qu’ils posent des questions sur ces sujets. »

Ces sujets, ce sont ces deux maladies auxquelles sont sensibilisés les élèves chaque année, en alternance : le cancer et le sida. Cette année cependant, les deux actions ont été regroupées. En plus du ruban rouge vivant, des panneaux d’information ont été réalisés et des questionnaires ont été distribués. Quatre cents petits rubans rouge ont également été confectionnés et mis à la vente. « On veut rendre nos élèves actifs, explique Karina Fabreguettes, infirmière du collège, en charge de cette journée d’information. Le but, c’est la sensibilisation et la prévention, mais aussi de faire une action citoyenne et de valoriser nos élèves. » L’an dernier, la vente de rubans avait permis d’amasser 34 000 francs au profit de la Ligue contre le cancer. Cette dernière a choisi de reverser ces fonds à une famille dont les enfants fréquentent le collège et dont le père est atteint d’un cancer. 

Cette fois-ci, les sous récoltés iront à l’association Solidarité SIDA-NC qui soutient les personnes séropositives et qui fait de la prévention auprès des 15-25 ans, son public cible. Mais plus question de faire peur aux jeunes, précise Carine Brillet, la directrice de l’association, présente pour l’occasion : « On veut amener les jeunes à avoir une meilleure estime d’eux-mêmes, à avoir des relations consenties, à avoir envie de prendre soin d’eux et se protéger. Nous faisons la promotion d’un équilibre affectif et sexuel. C’est plus positif que de faire de la prévention par la peur. »

En dehors de cette journée de sensibilisation, le collège se préoccupe des questions de santé sexuelle. En plus d’actions en Théâtre Forum destinées aux 3e et des interventions en classe de l’infirmière, la sage-femme du dispensaire tient, depuis juillet, une permanence d’une demi-journée chaque deux à trois semaines. Déjà, une centaine d’élèves est allée à sa rencontre pour information ou consultation : nul doute, ils ont bel et bien mordu à l’hameçon.

Photo : Clarisse Letocart

Sous un autre angle, Les Nouvelles Calédoniennes, 17 novembre 2014.

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