Depuis un an, une nouvelle gestion des déchets se met en place. Aujourd’hui, environ la moitié des foyers de la commune joue le jeu.
Par Aude Perron
C’est une petite révolution qui s’opère sur Pouébo, depuis maintenant un an. Face à la nouvelle réglementation provinciale en matière de gestion des déchets, la commune a dû se saisir de la problématique et, en adhérant au SIVM Nord, de nombreuses mesures ont été prises. D’abord, à l’instar de la fermeture progressive de tous les dépotoirs communaux du Nord au profit de quatre installations de stockage des déchets (ISD), elle a dû fermer son dépotoir de Saint-Mathieu, où les déchets étaient enfouis dans la vase de la mangrove. Puis, elle a dû mettre en place de la nouvelle collecte des ordures, qui prennent désormais le chemin de l’ISD la plus proche, la seule du grand Nord, celle de Kaala-Gomen, à presque 100 kilomètres de là.
Pour faire comprendre ces nouvelles mesures et s’assurer que la population y adhère, une vaste campagne de communication et de sensibilisation a été organisée, pendant plusieurs mois, dans les 16 tribus de la commune. « Ce n’est pas dans les mentalités d’amener ses déchets chez le voisin. Il a fallu expliquer pourquoi pourtant ils devaient se rendre à Gomen. Et expliquer à quelles conditions ! » En effet, le temps où l’on remplissait un sac noir est terminé : désormais, les déchets doivent être triés et jetés dans une poche de couleur. Verte, pour les déchets ménagers, le plastique, le papier et le carton. Rouge, pour le métal et l’aluminium. Enfin, bleue, pour le verre. Si le tri n’a pas été fait correctement (les employés municipaux peuvent le vérifier d’un simple coup d’oeil), la poche n’est pas ramassée avant le prochain mardi (verte) ou avant le prochain mois (rouge et bleue).
Dès juillet dernier et pendant 6 mois, le nouveau système a été testé et les résultats sont plutôt encourageants, selon Carine Nonghai, coordonnatrice du pôle animation de la commune, en charge de la campagne de sensibilisation. « Sur les 580 foyers auprès desquels nous avons travaillé, 300 sont devenus adhérents de la nouvelle collecte. » Car la nouvelle collecte a un coût pour l’usager : 750 francs par mois (ou 9000 francs pour l’année), auquel s’ajoute le prix des poches, 50 francs l’unité. Pour ceux qui n’ont pas adhéré au système de collecte, il leur incombe d’aller porter leurs déchets eux-mêmes à Kaala-Gomen. « Le problème, c’est qu’on voit maintenant des dépotoirs sauvages apparaître », déplore la coordonnatrice.
N’en déplaise aux réactionnaires, c’est dans cette direction que la commune va continuer d’avancer, à savoir : faire payer les services publics. « Nous allons bientôt commencer une tournée dans les tribus pour avertir la population qu’elle devra payer l’eau. Après, ce sera au tour du transport scolaire. Pour tout cela, nous allons devoir bien travailler en amont. »
Photo : A. P.
Un service qui se paie, Les Nouvelles Calédoniennes, 9 avril 2013

