Lundi, la commune a tenu son dernier conseil municipal de l’année. À l’ordre du jour, une douzaine de projets de délibérations dont plusieurs attestent de la croissance de Koné.
Par Aude Perron
Koné a besoin de sous. Et il n’y a pas que la commune qui le dit. Lundi, au conseil municipal, les membres ont pu débattre sur le rapport d’observations de la Chambre territoriale des comptes (CTC) qui a fait la vérification des comptes de la commune de 2004 à 2008. Le rapport indique que la situation financière de la commune est bonne grâce à une gestion économe et efficace notamment. Cependant, la CTC a constaté qu’en raison de l’explosion démographique, les dépenses s’accroissent plus rapidement que les dépenses et qu’en 2009, l’épargne de fonctionnement était à son niveau le plus bas. Comment financer les prochaines dépenses d’investissements à réaliser, estimées à 13 milliards CFP ?
Les membres du conseil ont donc abondé dans le sens des dix recommandations du CTC. L’une d’entre elles, c’est le lancement d’un recensement intercensitaire (dès que les résultats du recensement 2009 seront validés) puisque le calcul de la dotation du fonds intercommunal de péréquation se base principalement sur le nombre d’habitants. « On a encore les recettes en fonction du recensement de 2004 », se désole le maire Joseph Goromido. Pour palier à ses besoins, la commune percevra des centimes additionnels sur les impôts territoriaux. La taxe communale d’aménagement (TCA), mise en application le 1er août dernier, devrait rapporter des recettes évaluées à 60 millions de francs, tandis que les ventes de maisons permettront à la commune d’engranger 50 millions.
Le budget primitif 2011 a été évoqué en précisant que tous les besoins en fonctionnement et investissement ne pourront être assurés, surtout si le recensement 2009 tarde à être validé. « Il faut maîtriser nos dépenses pour dégager de l’autofinancement », indique Gisèle Oudaré, première adjointe au maire. Ainsi, le projet de voie de contournement de Koné a été remisé jusqu’à nouvel ordre, tandis que d’autres infrastructures routières, des écoles et des équipements de proximités sont prioritaires (voir encadré).
Pour mieux maîtriser son budget, Joseph Goromido fonde beaucoup d’espoir sur le plan d’urbanisme directeur (PUD). Encore faut-il pour cela qu’il soit finalisé et adopté. Cela ne saurait toutefois tarder puisqu’il sera prochainement soumis à une enquête publique pendant 45 jours. « Dès qu’on aura le PUD, toutes ces compétences reviendront à la commune », souligne Joseph Goromido, faisant allusion notamment à la gestion et la délivrance des permis de construire.
Encadré : les grands chantiers
- rénover des routes, installer deux feux rouges et construire deux ronds-points et des trottoirs
- produire de l’eau avec quatre nouvelles AEP
- construire le groupe scolaire Atitu, lancer les études pour celui de Green Acre et rénover les 3 écoles publiques de Koné
- rénover les maisons communes de Baco et Poindah
- construire 4 parcs de jeux et 3 plateaux sportifs
Photo : A. P.
À la recherche de gros sous, Les Nouvelles Calédoniennes, 1er décembre 2010.

