Anniversaire partagé

Demain, à partir de 11 heures, le public est convié à célébrer les 35 ans de carrière musicale d’un des pères du folk traditionnel. Une fête tout en partage, avec une dizaine de groupes locaux qui se produiront aux côtés d’Ydal.

Par Aude Perron

A 54 ans, Pierre Hnageje, alias Ydal, n’a rien perdu de son enthousiasme et de son goût pour la musique. Et demain, dimanche, le chanteur et guitariste en fera la démonstration une fois de plus, à l’occasion de la fête qu’il organise pour les 35 ans de carrière qu’il partage avec son groupe de folk traditionnel, fondé avec son frère Kokone et son ami Jacques Pidra (d’autres frères, notamment Amy, les rejoindront par la suite).

Sous le faré de l’Aviation civile, sa formation se mêlera à une dizaine d’autres groupes de musique locale, pendant tout l’après-midi. « Depuis nos vingt ans de carrière, nous avons pris l’habitude de souligner notre anniversaire tous les cinq ans. Et si la vie le permet, on fêtera aussi nos quarante ans », confie l’artiste de Lifou.

Longévité. Cette carrière au long cours a commencé en 1978, au décès de son oncle, « le vrai Ydal », rappelle Ydal. Touché par le fait que son mentor, qui lui a tout appris de la guitare, n’ait jamais sorti d’album, le jeune homme de 17 ans à l’époque se dit que c’est l’occasion de prendre la relève. « J’ai pris la guitare tout de suite et deux ans plus tard, on a sorti un premier album. » Les années 1980 lui réussissent : les concerts se succèdent ainsi que les sorties d’album. Puis, s’ensuivent deux périodes d’absence, et notamment entre 1993 et 1996, où le groupe, qui compte huit musiciens, perd deux membres. Un troisième est victime d’un accident.

La formation musicale familiale ne s’en remettra jamais véritablement. A ce jour, Ydal compte une vingtaine d’albums à son actif et quatre compilations. Il faut dire que l’auteur-compositeur est très prolifique. « Je compose facilement deux, même trois chansons en une soirée. C’est souvent quand je suis seul, qu’il n’y a pas de bruit dans la maison, que l’inspiration arrive. »

Adaptation. S’il chantait l’amour, l’amitié et la jeunesse à ses débuts, ses thèmes d’aujourd’hui s’inscrivent dans l’air du temps et touchent l’écologie ou l’égalité des sexes. « Mais je ne fais pas dans la politique. Je préfère parler de paix. Sans la paix, on ne peut rien faire. »

Son « son » a également évolué. Connu pour jouer en arpèges son folk traditionnel, il a appris à « gratter » sa guitare et s’essaye au reggae, au ska et au zouk. « Avec la concurrence des autres groupes, j’ai dû adapter mon style », admet Ydal.

Dimanche après-midi, il reprendra certes ses classiques, mais présentera par ailleurs cinq compositions d’un nouvel album qui sortira au mois de juillet. Infatigable Ydal. « Je suis marié à ma femme, mais aussi à la musique. Je ne pourrais pas vivre sans la musique. »

Photo : Jacquotte Samperez

Anniversaire partagé, Les Nouvelles Calédoniennes, 30 mai 2015.

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