Le fonctionnaire d’État Antonio Ilalio, 52 ans, vient d’être nommé expert national détaché à la Commission Européenne à Bruxelles. Il revient sur son expérience comme directeur du Sivom-VKP.
Par Aude Perron
Les Nouvelles Calédoniennes : Pourquoi partez-vous ?
Antonio Ilalio : Je suis fonctionnaire de carrière. Quand l’Etat a besoin, on a les doigts sur la couture et on répond à l’appel. Je vais occuper un poste d’expert national à la direction des PTOM de la Commission Européenne. Je suis Calédonien d’origine wallisienne et j’ai l’expérience de plusieurs territoires d’outre-mer. Ce poste est nouveau et c’est une volonté de l’État. J’entre en fonction le 3 février, mais je vais passer par Paris auparavant pour aller prendre mes directives au Ministère des Outre-mer.
En quoi va consister votre fonction ?
Je vais travailler au sein de la Task Force PTOM. Il y a 28 pays et territoires d’outre-mer dont 6 qui sont liés à la France : la Calédonie, Wallis-et-Futuna, la Polynésie française, les Terres australes et antarctiques françaises, Saint-Barthélemy et Mayotte. Le rôle de la Task Force est de faire le lien avec les Européens. Ce groupe de travail se veut un lobby, une force de proposition face aux Européens pour que ces derniers comprennent les problématiques des PTOM. Ce sera d’autant plus nécessaire si la Calédonie, par exemple, devient souveraine.
Vous quittez votre poste de directeur du Sivom-VKP. Cela n’a pas été un long fleuve tranquille…
Le SIVOM, c’est une bombe ! Il y a des tensions entre les communes car elles sont toutes les trois très disparates. Pouembout a une vocation agro-pastorale, Koné est semi-urbaine et Voh est une commune rurale. J’ai donc été nommé là-bas pour « réchauffer » les relations, mais il fallait également plus de transparence dans la gestion et rééquilibrer les usages. Il y a pléthore de tribus où la desserte en eau n’a pas encore été réalisée, tandis que des agriculteurs utilisent de l’eau potable. Cela ne fait aucun sens. Mais dès qu’on touche aux tarifs, les gens montent au créneau, comme on l’a vu en avril dernier.
Sur la question de l’eau et des déchets, le Sivom-VKP est souvent pris à partie. L’institution peut-elle fonctionner ?
Le SIVOM est jeune et a du chemin à faire car il y a encore beaucoup de difficultés. Le réseau est vieux et inadapté aux besoins actuels. Concernant les déchets, la responsabilité est partagée avec la Province. Une installation de stockages des déchets (ISD), portée par la Sofinor, devrait voir le jour à la Plaine des Gaiacs. On saura en février s’il sera de classe 1 ou 2. En ce qui a trait la gestion interne, le nouveau directeur général a été trouvé et, à la demande des élus lors du dernier conseil syndical, deux postes d’agents, l’un technique, l’autre au budget, ont été créés.
Qu’allez-vous retenir de vos dernières années en Calédonie ?
J’ai été ravi d’être fonctionnaire d’Etat ici et de voir le développement en marche. Avant, le développement était théorique. Ici, avec la construction de l’usine, des lotissements, des zones d’activités, je l’ai vu, je l’ai senti, je l’ai vécu.
Légende : Antonio Ilalio a occupé des postes dans diverses directions et préfectures de Métropole, Guyane, Wallis et Calédonie.
Photo : A.P.
Antonio Ilalio : « Le Sivom, c’est une bombe ! », Les Nouvelles Calédoniennes, 24 janvier 2014.

