Mardi, les élus de la commune ont tenu leur dernière séance du conseil de l’année. Le budget primitif de 2014 a été adopté, sous le signe des restrictions en cette période de morosité économique.
Par Aude Perron
Sans surprise, c’est le projet de délibération du budget primitif 2014 qui constituait la pièce centrale de ce conseil. Le maire Joseph Goromido a rappelé que ce budget, le dernier de la mandature 2008-2014, était placé sous le signe de la stagnation, voire la restriction. En cause : la conjoncture économique, la baisse des recettes fiscales de la Nouvelle-Calédonie, le rendement de la TCA mais également par volonté de laisser une marge de manœuvre à la prochaine équipe municipale. « C’est très fair-play de la part du maire. On fait avec moins de recettes pour que l’équipe suivante puisse démarrer. On ne peut pas en dire autant des maires précédents » commentait-on en coulisses.
Ce budget s’élève donc à 1,3 milliard de francs, dont 95 % en fonctionnement et 5 % en investissement. Si les charges de personnel resteront sensiblement les mêmes en 2014, les dépenses du personnel extérieur passera de 13 à 20 millions de francs. « Il y a eu une explosion de nos interventions, explique Sylvio Loquet, responsable du centre de secours. D’habitude, nous en faisons entre 60 et 80 par mois. Mais entre les feux de brousse et les secours à personne, nous en faisons plutôt 120. Cela se reflète sur le budget. Et ça se trouve, ce ne sera pas encore suffisant. »
Au sujet des dépenses en ressources humaines, sur les 10 postes qui ont été envisagés pour 2014, seul celui d’un deuxième garde-champêtre, sera créé car jugé prioritaire. Il sera assermenté en janvier prochain.
Si ce budget a été adopté, il n’était pas du goût de l’opposition qui s’est abstenue au moment du vote. « On a même failli voter contre, précise Muriel Wongsokarto. Ce budget ne nous emballe pas. Par exemple, les aménagements en tribus ont doublé, sans explication, et ce n’est pas faute d’avoir demandé. On aimerait savoir ce que certaines tribus font avec ces sous. Pendant ce temps, notre centre-ville a un grand besoin de mise en valeur, avec des places de parkings supplémentaires. Et un meilleur assainissement. »
L’opposition, qui s’était déjà manifestée lors du conseil du 28 novembre, a réitéré son désaccord concernant la rénovation de la villa du SIVOM (dont les locaux sont passés au feu en octobre dernier). Le programme s’élève à 85 millions de francs, dont 34 millions en rénovation et 6 millions d’études pour 2014 (sont prévus 45 millions d’extension). La commune prendra en charge 20 % de la note, tandis que les partenaires (Etat, Province, Pouembout et Voh) seront mis à contribution pour le reste. « C’est trop cher. C’est un véritable palace qu’on est en train de construire ! », a protesté Richard Chenevier.
Dernier point à l’ordre du jour : la création d’une fourrière pour véhicules et animaux à Kataviti, sur un terrain de trois hectares. Les tarifs et les redevances ont également été votés.
Photo : A. P.
Un budget de transition, Les Nouvelles Calédoniennes, 24 décembre 2013.

