Jusqu’à demain, des élèves de l’école primaire l’Immaculée exposent, à la médiathèque, des autoportraits réalisés selon les techniques de grands maîtres. Un projet à la fois artistique et littéraire qui livre plein de trésors sur la perception des enfants.
Par Aude Perron
De la candeur. Voilà véritablement la matière première de ce qui est exposé à la Médiathèque Ouest, cette semaine. « Éphémère », c’est le nom de la galerie d’une vingtaine d’autoportraits et de textes réalisés par les élèves de CM1 de maître Maurice Karembeu, à l’école Immaculée. Et dans ces textes où les enfants se décrivent, de petits bijoux de franchise, aussi irrésistibles les uns que les autres : « j’ai de grands pieds », « je suis parfois méchante », « j’ai toujours des chaussures propres » « j’ai des oreilles normales » ou « mon repas préféré est l’omelette ».
Ce projet, qui mélange arts plastiques et littérature, est parti de la lecture du roman jeunesse Pourquoi j’ai pas les yeux bleus ?, d’Anne Vantal. « Les élèves n’aiment pas beaucoup lire, mais je savais que celui-là passerait bien, explique Maurice Karembeu. C’est sur le thème de l’adoption et il y a beaucoup de description de personnages. » Après la lecture, les enfants ont donc dû procéder à leur propre description, tant sur le plan physique, psychologique (personnalité) que social (famille, amis). Puis, en décalquant leur visage pris en photo, ils ont réalisés différents autoportraits avec des techniques inspirées de Warhol, Dubuffet, Matisse ou Picasso, notamment.
« C’est bien de s’initier à l’art de cette façon, fait remarquer un tonton qui a fait le déplacement au vernissage hier matin. Il y a du boulot. » Rose-Leila ne va pas le contredire : « Ca m’a pris un mois faire tout ça », confie-t-elle, avec un sifflement. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est surtout l’écriture du texte qui semble avoir plu aux élèves, à la surprise de leur maître. « J’adore écrire, c’est bien », a découvert Djoan. Même son de cloche chez Mathieu, de Métropole, et également Jérémi, du Canada, qui a apprécié l’exercice parce qu’il lui a donné l’occasion de parler de sa vie et de sa famille là-bas.
Légende : Les élèves ont dû réaliser leur propre description physique, psychologique et sociale.
Photo : A. P.
Autoportraits d’enfants, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 juin 2014.

