Sur demande de la direction de Cotransmine, gendarmes et chiens renifleurs ont contrôlé à terre et en mer le personnel de la filiale de la SMSP. Moins de dix grammes de canabis on été trouvés. L’opération sera prochainement renouvelée.
Par Aude Perron
Les employés de la société Cotransmine, filiale de la SMSP, à Ouaco, ont reçu de la visite très inhabituelle mardi dernier. Aux installations du wharf de Téoudié, dix militaires de la gendarmerie et deux bergers allemands ont fouillé les lieux, toute la matinée durant. L’opération, sollicitée par Cotransmine, a été diligentée par la compagnie de gendarmerie de Koné et – fait rare – a réuni les deux équipes cynophiles du territoire spécialisées en recherche de stupéfiants (Pelotons de Surveillance et d’Intervention (PSIG) de Koné et de Nouméa), les militaires du PSIG de Koné ainsi que les militaires de la Communauté de brigade de gendarmerie de Koumac et Kaala-Gomen. L’opération visait à déceler la présence de produits stupéfiants, autant à terre (infrastructures portuaires, laboratoire, zones de vie) qu’en mer, c’est-à-dire sur les remorqueurs utilisés pour acheminer les barges de minerai vers les minéraliers étrangers.
Cela fait plusieurs mois que la société a remarqué des comportements liés à la consommation d’alcool et de cannabis chez certains de ses intermittents et salariés employés au chargement des barges. De nombreuses dégradations sur des outils de travail ont été observées. Ces conduites comportent des risques importants pour la sécurité physique des travailleurs dans des taches techniques sur les engins de levage, de terrassement ou de transport, au quai ou en mer. L’opération visait également d’éventuels trafics de stupéfiants entre les travailleurs de Cotransmine et les marins étrangers à bord des minéraliers.
Au terme de ces recherches, plusieurs saisies de cannabis ont été effectuées à bord d’un remorqueur et dans les zones de vie. Trois personnes ont été mises en cause et font l’objet d’une procédure judiciaire. Une suite pénale sera donnée par le Parquet de Nouméa.
« Au delà de l’aspect purement répressif, cette opération rappelle aux travailleurs sur mine, au wharf et en mer que le droit pénal français en matière de produit stupéfiant s’applique en tout lieu, souligne le capitaine Emmanuel Chanon, de la compagnie de gendarmerie de Koné. De telles opérations sont appelées à se répéter car nous sommes de plus en plus sollicités par les entreprises, établissements scolaires et autres qui voient là une manière d’afficher, sans polémique, une volonté de faire respecter la législation sur les stupéfiants dans leurs enceintes et surtout limiter les conséquences physiques et matérielles des ces addictions, notamment en termes de sécurité. »
Légende : Lorsqu’ils ont des soupçons ou pour simplement pour marquer les esprits, les établissements scolaires et les entreprises privées sollicitent les gendarmes pour de telles opérations.
Coup de filet symbolique, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 juin 2014.
