La semaine dernière, les élèves de Seconde du Lycée agricole de Pouembout sont venus écouter une présentation sur les risques que représentent le cannabis et l’alcool.
Par Aude Perron
C’était impressionnant de voir à quel point les élèves de seconde présents lundi dernier étaient au courant et prêts à discuter de quelque chose d’aussi délicat que l’addiction. Il faut dire que le sujet est pris au sérieux et que Carole Delahaye, éducatrice sanitaire à la Province Nord qui animait l’atelier, a tout de suite mis en confiance les jeunes : « Je ne suis pas dans le jugement. Je ne suis pas là pour savoir qui fume et qui boit. Alors vous pouvez répondre, qu’il s’agisse de votre expérience ou de ce que vous avez vu dans votre entourage. »
L’énergique femme était là dans le cadre d’une opération de sensibilisation des jeunes aux risques de la consommation de cannabis et d’alcool. Cet atelier est déjà donné dans les collèges, aux classes de quatrième. Mais il y a trois ans, au lycée de Pouembout, on a eu envie que cet atelier soit également offert aux Secondes. « Ils ont entre 15 et 17 ans. C’est là que tu fais tes premières expériences », explique Marie Strotz, conseiller principal d’éducation. Et selon Christine Pacuta, enseignante en S.V.T, participant à cette initiative, il n’est pas mauvais de répéter les choses de toutes les façons : « Cela fait en sorte que tous les élèves qui arrivent au lycée ont le même bagage de connaissances sur le sujet. »
En tout, ce sont les 6 classes de Seconde du lycée qui ont suivi l’atelier, qui était une succession de vidéo clips très courts, mais très percutants. Après chaque vidéo, Carole Delahaye pose des questions et fait discuter les élèves : « Qu’est-ce qui se passe avec le jeune homme qu’on vient de voir ? Est-ce qu’il est dans le plaisir ? Non ? Qui peut me dire pourquoi ? » C’était l’occasion aussi de rappeler qu’il y a des conséquences à fumer. Que ce soit être pris en flagrant délit de fumer du cannabis, d’en vendre ou d’en cultiver, il y a des amendes et des peines d’emprisonnement à la clé. « Ce sera inscrit à votre casier judiciaire qui va vous suivre toute votre vie, rappelle-t-elle. Ce sont de petites bêtises qui restent. »
Mais pas question de faire la morale. L’atelier avait également pour but de donner aux élèves des outils pour s’aider ou aider les autres en situation d’excès de consommation ou carrément d’addiction. « Si j’ai un ami qui a trop bu et qui tombe dans le coma, qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce qu’il peut mourir ? Qui j’appelle ? Savez-vous qu’il existe un centre d’addictologie à Koné ? Qui sait où il est situé ? » Bref, prévenir, c’est bien, mais guérir aussi.
Pour bien enfoncer le clou de la sensibilisation et de la prévention, une suite à l’atelier est prévue au mois d’août prochain. Cette fois, des comédiens viendront faire des saynètes auxquelles les élèves seront invités à participer. Elles aborderont un aspect de l’addiction et seront tour à tour analysées.
Photo : A. P.
Ces bêtises qui peuvent coûter cher, Les Nouvelles Calédoniennes, 1er juillet 2010.

