La semaine dernière, le peintre d’origine cubaine Hans Vergara a exposé une dizaine de ses toiles au lycée agricole de Pouembout. Un véritable enchantement pour les yeux que la découverte des oeuvres de cet artiste multi palettes.
Par Aude Perron
Avec son sourire timide et son T-Shirt Che Guevara, Hans Vergara ressemble à un adolescent. Et pourtant, le jeune homme de 35 ans est un artiste confirmé. Quand il ne crée pas, il se promène dans les écoles du Caillou pour montrer ses œuvres aux jeunes et donner des ateliers de peintures. Autrement, il expose à Nouméa et sur Internet, pour le plus grand plaisir des amateurs de son univers.
Son univers ? C’est d’abord une chaleur, omniprésente. A travers du jaune, rouge ou marron, elle frappe dès le premier coup d’œil. Même les bleus et les noirs semblent dégager de la chaleur et envelopper le spectateur. Du coup, on ne s’étonne guère d’apprendre que l’artiste soit natif de Cuba. Calédonien d’adoption depuis 4 ans, il retrouve ici d’ailleurs plusieurs choses en commun avec son île, qu’il a quitté à l’âge de 23 ans : « La Kanaky, c’est la même chose que Cuba au niveau du climat et de la sincérité des gens », dit-il.
En plus de la lumière et de la chaleur, on retrouve de la magie, du mystère, des secrets. Cela émane des plantes, des paysages fabuleux, de ces paires d’yeux qui observent le spectateur. C’est que Hans Vergara nourrit une fascination pour les mythologies et les croyances : « Je me sens comme un alchimiste. » On retrouve ainsi dans ses tableaux l’influence des symboles kanak, comme le lézard, les bambous gravés ou les totems. Mais il y a aussi Eleggua, une divinité africaine dont on retrouve des représentations autant à Cuba qu’au Vanuatu et que Hans Vergara met en scène dans plusieurs de ses œuvres. S’il aime autant ce symbole, « c’est parce qu’il fait le pont entre les cultures du monde ».
Lui, d’ailleurs, avec ses origines espagnole, chinoise et africaine est un pur produit de ce monde au sens large. Un monde qui devrait apprendre à mieux vivre ensemble, si l’on se fie à l’artiste et son tableau Comme un poisson dans l’eau : deux personnes se font face tandis qu’au dessus, un chat attend de pouvoir capturer un poisson dans une rivière. « Cela représente la patience que les êtres humains doivent avoir les uns envers les autres », explique-t-il.
Mais Hans Vergara parle volontiers de certains de ses tableaux, il y en a d’autres qu’il ne veut pas expliquer et qu’il ne souhaite pas qu’ils soient pris en photo. « Il y a des tableaux pour tout le monde, et d’autres qui sont personnels, justifie-t-il. C’est un pacte, un secret qui doit rester entre moi et le tableau. » Un jardin secret qu’il conserve comme un trésor.
Photo : A. P.
Hans Vergara : le peintre alchimiste, Les Nouvelles Calédoniennes, 6 juillet 2010.

