Depuis le début de l’année scolaire, le restaurant d’application du collège de Koné, ouvre non plus seulement le mercredi midi, mais également le vendredi. Le but ? Pratiquer, pratiquer, pratiquer.
Par Aude Perron
Ca ne rigole pas en ce mercredi matin au restaurant d’application de l’ALP du collège de Koné. Dès qu’on pousse les portes de la cuisine, les questions, les recommandations et les avertissements fusent. Les premiers clients vont arriver dans une grosse heure et les élèves de deuxième année du CAP AFAT (Activités Familiales, Artisanales et Touristiques) doivent se presser. « Attention à ta casserole, elle n’est pas au milieu du feu », « Tu as fait tes carottes ? Et ta vinaigrette ? », « Tu ne dois pas colorer tes oignons, tu dois les faire suer ».
Bref, pour Chantal Gouffault, le nouveau chef-cuisinier et enseignant du resto d’application, le retour en classe est un peu laborieux. « Cela ne fait que deux semaines que nous avons ouvert à la clientèle. C’est une remise en jambes. Il faut que reviennent les réflexes oubliés pendant les vacances. Je ne suis pas inquiète, mais en attendant, je dois beaucoup me répéter ! »
Mais les réflexes ne devraient pas tarder revenir car cette année, les élèves auront deux séances de travaux pratiques par semaine : en effet, en plus du mercredi, le resto d’application sera également ouvert au public le vendredi midi. De plus, ce n’est plus un snack, mais un menu complet, déterminé à l’avance, qui est servi : entrée, plat, dessert, pour seulement 1400 francs. Le but ? Pratiquer dans les conditions les plus proches de n’importe quel restaurant avec salle à manger. Et pour ne jamais perdre la main, les 1e et les 2e année, respectivement en salle et en cuisine, s’échangeront les rôles à chaque séance de travaux pratiques.
Pour Vanessa Dhures, enseignante et responsable service et commercialisation, à l’ALP, ces changements sont une bonne chose et bénéficieront forcément aux 18 élèves de ce CAP. « Je vois cela d’un très bon œil. Avec plus de travaux pratiques, les élèves seront autonomes plus rapidement. Et un climat de confiance s’installera plus vite entre l’élève et le chef-cuisinier car ils se fréquenteront plus souvent. »
Photo : A. P.
C’est en cuisinant qu’on devient cuisinier, Les Nouvelles Calédoniennes, 4 avril 2012.

