Cinquante-cinq ans et toujours autant de plaisir à jouer

La Jeunesse sportive de la Vallée-du-Tir organisait, samedi soir, un bal caillasse pour souligner cinquante-cinq ans de sport. Trois cent cinquante personnes, licenciés et amis du club, ont pris part à la fête.

Par Aude Perron

Il y avait foule, samedi soir, au foyer vietnamien, pour célébrer le 55e anniversaire de la Jeunesse sportive de la Vallée-du-Tir (JSVDT). Dans une salle décorée aux couleurs du club, environ 350 personnes, licenciés et amis, ont répondu présent. « A la JSVDT, on est une grande famille », tente le co-fondateur du club, François Saminadin, pour expliquer ce succès.

Pour sûr, c’était le cas, en 1960, quand celui qu’on surnomme « Tatate » se lance dans l’aventure un peu folle de mettre sur pied, avec un copain, un club de foot et de basket : « C’était la galère. On ne savait pas où on s’en allait. On a déposé les statuts et le mois suivant, on allait à notre première compétition officielle avec des joueurs qui touchaient à peine le basket. »

Et que dire des moyens ? A la création du club, « on avait 4 500 francs dans les caisses. » Tout le monde fouille ses poches et la mère du copain co-fondateur donne un coup de main en cousant les maillots. Pour faire de la trésorerie, « on jouait contre des équipes de quartier pendant la saison creuse. On jouait pour 500, 1000, parfois 1 500 francs. C’était des paris, on ne jouait pas pour l’argent », se défend l’ancien sportif de 82 ans.

Des âges d’or

Dès la troisième année, la JSVDT finit 3e du championnat de 2e division. « Inespéré », et pourtant : dès lors, la section foot du club entre dans un âge d’or qui durera dix ans. Puis, dès sa création en 1974, la section athlétisme prend le relais, pendant une quinzaine d’années, avec pour moteur le coureur et marathonien Alain Lazare, qui remporte 24 médailles d’or aux Jeux du Pacifique. « Ce club, c’est ma vie. Pour rien au monde, je n’en aurais changé », confie l’ancien sportif, trésorier de la JSVDT, qui avait été sollicité par Créteil. Son plus beau souvenir ? Ses résultats sportifs mais aussi le fait d’aller à Magenta – à pied – voir l’équipe de 1re division jouer. « Quand on gagnait la Coupe de Nouvelle-Calédonie, on revenait à la Vallée-du-Tir et c’était la fête ! »

Devant les photos affichées à l’entrée de la salle des fêtes, Eric Saminadin, fils de « Tatate », est un peu inquiet à cause du manque de relève dans le bureau du club. Celui-ci repose pour beaucoup sur lui et son père. « Je souhaite que ce club continue et qu’au niveau des résultats, il retrouve sa superbe. » Aujourd’hui, c’est en basket féminin que les espoirs sont permis. Menées par leur entraineuse, Céline Boivin, les filles sont devenues championnes territoriales en 2015. En octobre, elles affronteront leurs consoeurs de Tahiti à la Coupe du Pacifique, étape qualificative pour la Coupe de France.

Photo : A. P.

Cinquante-cinq ans et toujours autant de plaisir à jouer, Les Nouvelles Calédoniennes, 18 avril 2016.

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