Cette semaine, la médiathèque offre un atelier conte dansé, animé par deux intervenants de la troupe du Wetr.
Par Aude Perron
Pas facile de surmonter sa timidité et d’improviser. Depuis lundi pourtant, une dizaine de filles et six garçons doivent mettre en gestes un conte drehu, sous les conseils de Moïse Kuiesine, danseur de la troupe du Wetr, accompagné de son camarade Ipunessö Issanganya. « Quand tu n’as pas d’idée, ce n’est pas grave, tu restes dans la même position », conseille le chorégraphe, à l’adresse d’une jeune fille qui ne sait pas comment mettre en mouvement une des phrases du conte.
Ce conte, c’est une légende traditionnelle de Lifou qui raconte l’histoire d’un jeune homme qui brave un interdit et tombe amoureux d’une femme promise au grand chef du Wetr. Il pourra s’enfuir avec elle et éviter de se faire rattraper grâce à un caillou aux pouvoirs magiques donné par sa grand-mère.
« Le but de cet atelier, c’est de faire vivre les contes d’ici ou d’Océanie. C’est rare que les enfants de Nouméa entendent des contes », explique Élise Hmuzo, aide bibliothécaire de la médiathèque de Rivière-Salée. Pour le mettre en mouvement, elle a fait appel à la troupe du Wetr, section du club éponyme, qui fête ses cinquante ans d’existence cette année.
La chorégraphie élaborée pendant l’atelier devrait justement être présentée au trophée Ukeinessö, l’une des manifestations de ce cinquantenaire, les 14 et 15 mai. En attendant, Moïse Kuiesine poursuit le travail avec sa petite troupe d’élèves, avec de la danse certes, mais aussi des notions culturelles. « Hier, les enfants ont appris comment on dit danser. On dit fia. Cela vient de fi, le sacre, et a, l’homme. Danser, c’est le sacre de l’homme. »
Photo : A. P.
Danser les contes avec la troupe du Wetr, Les Nouvelles Calédoniennes, 6 avril 2016.

