Nancy et ses drôles de chapeaux

L’artiste Nancy expose à la galerie Arte Bello, du 4 au 9 avril, sa collection de chapeaux faits main où cohabitent miniatures, bois flotté, personnages Playmobil ou fleurs artificielles.

Par Aude Perron

De loin, on dirait de gros gâteaux décorés à souhait. Mais pour peu que l’on s’approche, la quarantaine de pièces montées exposées cette semaine à la galerie Arte Bello sont en fait des chapeaux parés de mille et un petits objets : des fleurs artificielles, des morceaux de bois, des miniatures de maisons de poupée, des pièces de patchwork ou des figurines en terre cuite faites à la main. Tous sont sélectionnés et réunis selon un thème choisi, allant du Chat botté aux chutes de la Madeleine, en passant par le marché de Noël de Strasbourg ou encore Les Nymphéas de Monet, célèbre étang de nénuphars à Giverny. Derrière autant de fantaisie, se trouve Nancy, artiste d’origine alsacienne qui fête ses 61 ans aujourd’hui même.

Kitsch revendiqué

Lignes épurées, minimalisme, sobriété, ce n’est pas du tout son truc. « C’est la mode, mais c’est d’un ennui ! », lâche-t-elle. Même son petit caniche, blotti sagement dans le sac à main de sa maîtresse, est endimanché avec une petite visière de golf en plaid écossais. La créatrice assume parfaitement le kitsch de ses œuvres et se décrit elle-même avec toutes les déclinaisons du mot excentrique. « Je suis extravagante et anticonformiste. Mais je me fais plaisir et je sais que mes chapeaux apportent du bonheur. Les gens se retournent, m’arrêtent pour me parler, certains demandent même à me prendre en photo. » Car ce n’est pas tout de créer de tels chapeaux : Nancy les porte, même les plus lourds qui font plus de deux kilos. « Ça permet de garder la tête droite et d’avoir un port de reine », estime cette dernière. Si elle s’est lancée dans ce type de création il y a seulement un an, sa passion pour les couvre-chefs ne date pas d’hier.

Retrouver son enfance

Quand elle était infirmière en soins généraux et psychiatrie, elle décorait déjà ses cheveux de fleurs, oiseaux et autres. « Les patients adoraient », se souvient-elle. Aucun de ses chapeaux exposés aujourd’hui n’est à vendre, mais elle peut travailler sur commande moyennant 200 000 francs au minimum. Une somme qu’elle justifie par les heures – entre 20 et 40 – passées à agrandir le chapeau, le solidifier avec du fil de fer, puis coller et coudre chacune des petites pièces, dont certaines, dénichées chez des antiquaires, « valent une petite fortune ». D’autres sont tirées de ses maisons de poupée, dont elle fait la collection, parmi d’autres dadas. « C’est un musée chez moi. Ça crée de la chaleur. Et c’est tellement bon de retrouver son enfance. »

Photo : A. P.

Nancy et ses drôles de chapeaux, Les Nouvelles Calédoniennes, 6 avril 2016.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *