Dès le 15 avril prochain, la commune comptera parmi ses équipements, une toute nouvelle pépinière d’entreprises. Grâce aux artisans qui ont été pressentis pour s’y installer, cette dernière devrait favoriser l’émergence d’un petit tissu économique.
Par Aude Perron
Si l’on avait fait un pari pour connaître dans quelle commune du Nord apparaîtrait la deuxième pépinière d’entreprises de la province, peu aurait misé sur Canala. Et pourtant, c’est bien dans cette commune, parmi les plus enclavées du pays, qu’un tel équipement sera livré. Initialement prévue au 2e trimestre, puis en octobre dernier, l’inauguration se fera finalement le mois prochain. « Cela fait depuis le début de la première mandature que nous voulions faire cette pépinière. Juste pour faire réparer une débrousailleuse, il faut aller à La Foa, parfois même à Nouméa. Avec la pépinière, cette situation va changer », se réjouit Aïna Beronon, 4e adjointe en charge du développement économique et du tourisme, à la mairie.
Car dans cette pépinière, on devrait trouver plusieurs activités : un électricien, un peintre, un mécanicien, un réparateur de petits engins mais aussi une entreprise de gardiennage, une laverie et un cabinet comptable, sont les métiers et les services aux entreprises et particuliers qui ont été invités à prendre un local. Futur locataire, l’électricien Jean-Marie (nom d’emprunt) reconnaît les avantages qu’il tirera d’être situé au village : « Tout mon matériel sera entreposé en sécurité au lieu d’être chez moi, dans un cabanon, et ça m’évitera de le traîner dans tout Canala », témoigne-t-il. Même son de cloche chez Bryan qui œuvre dans le bâtiment (gros œuvre et finition) : « La pépinière va m’aider pour tout ce qui est administratif. Et je pourrai y faire mon travail à l’ordinateur car je n’ai pas le courant chez moi, alors je dois aller à la médiathèque ou à la mairie, ce qui n’est pas idéal. »
Les entreprises jouiront d’un local équipé selon leurs besoins et des services d’une réception et d’un secrétariat. Le tout pour un loyer des plus symboliques : environ 5000 francs par mois ! Les nouveaux locataires pourront également s’appuyer sur le nouvel agent de la CCI que la mairie recrute actuellement au niveau local (ce poste est vacant depuis janvier). Grâce à un financement d’abord communal puis provincial, il animera cette pépinière avec des formations et de l’aide à la préparation de devis, à la facturation et dans diverses démarches administratives.
Pour créer de l’activité économique, la mairie ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Elle a en gestation de nombreux projets (voir encadré) qui devraient voir le jour : un hôtel de 37 clés, un centre culturel, un pôle technique minier, une résidence SIC, etc. Bref, on dirait qu’il souffle sur Canala un petit vent de dynamisme. « Nous n’avons pas le choix d’en faire autant, Patrice Moasadi, chargé de mission à la mairie. Regardez comment la commune est enclavée et isolée. Il y a 380 virages à passer avant d’arriver à La Foa ! » Quant à la fameuse route à horaire, entre Canala et Thio, au sud, les choses progressent quelque peu : d’ici la fin de l’année, le tronçon en province Nord devrait passer à deux voies (le tronçon côté province sud présente un relief plus escarpé et contiendrait de l’amiante).
Quoiqu’il en soit, à Canala, il semble les efforts consentis portent leurs fruits et que les perceptions changent… Patrice Moasadi, en a pour preuve que la commune reçoit plus de réponses qu’auparavant aux appels d’offres qu’elle lance. « Nous venons de lancer un appel pour la construction d’une nouvelle cantine à l’école de Nakéty. Nous avons reçu une dizaine de propositions ! C’est nouveau, ça. Ca me dit une chose : que les entreprises ont envie de venir travailler à Canala. »
Légende : Conçue par Design Construction, à qui l’on doit la salle Au Pitiri à Koné, par exemple, cette pépinière d’entreprises est la 2e que compte la province (la première étant celle de la CCI, à Koné, inaugurée en juin 2010).
La pépinière en chiffres :
- Coût : 120 millions de francs
- Financement : 20 % commune et 80 % Province (contrat de développement État/Province)
- Surface : 3400 m2 dont 240 m2 de bâtiment
- Locaux : 7 + la réception
- Activités : métiers du BTP et services aux entreprises et aux particuliers
Autres équipements à venir :
- Une station-service. Coût : 180 M
- Un hôtel de 37 clés. Coût : 1,5 MM
- Un pôle technique minier (parc pour camions des sous-traitants de la mine, atelier de réparation, base-vie, réparation, calle de hallage). Coût : 2,3 MM
- Un centre culturel provincial. Coût : 300 M
- Une résidence de la SIC (8 logements en location). Coût : 145 M
- Une base nautique. Coût : 180 M.
- Un centre d’hébergement. Coût : 220 M.
Photo : A. P.
Décollage économique en vue, Les Nouvelles Calédoniennes, 8 mars 2013

