Dans la nuit de samedi à dimanche, une quinzaine de personnes ont volé une partie de la cargaison de bêches-de-mer du navire vietnamien saisi le 23 juin.
Par Aude Perron
C’est un très mauvais moment qu’ont passé les quatre matelots vietnamiens, de garde sur leur navire dans la grande rade du port de Nouméa, dans la nuit de samedi à dimanche. Vers une heure du matin, une bande d’une quinzaine de personnes s’est introduite sur ce bateau vietnamien. Il avait été arraisonné le 23 juin vers les îles Bélep puis saisi par la justice pour pêche illégale dans les eaux calédoniennes.
Avec l’aide de barres de fer notamment, ils auraient menacé les matelots à bord. Ceux-ci se relaient nuit et jour pour pomper l’eau de la cale qui fuit. Dans leur ligne de mire, selon toute vraisemblance : la cargaison d’holoturies pêchées il y a deux semaines et qui devait normalement être vendue aux enchères, ce matin. Les malfaiteurs ont en partie réussi leur coup, puisqu’ils ont pu s’emparer de trois des sept fûts qui contenaient les précieuses bêches-de-mer.
Loin de se démonter, ils en ont également profité pour saccager les lieux et mettre la main sur l’annexe du bateau, des bouteilles de gaz et une petite gazinière, butin qu’ils ont embarqué dans deux véhicules, avant de prendre la fuite. Ne parlant pas un mot de français, les membres de cet équipage, qui attendent des papiers pour pouvoir rentrer au Vietnam et mettre fin à leur cauchemar, auraient appelé leur interprète qui a lancé l’alerte et fait dépêcher des secours au port.
De mystérieux acheteurs
« Ils ont peur maintenant, rapporte Jean-Pierre Dinh, consul honoraire du Vietnam, qui a accouru suite au drame. Déjà, en début de semaine, deux personnes sont venues dans la nuit et ont brisé des vitres. Il y avait deux matelots à bord. Les nuits d’après, on en a mis quatre pour garder le bateau. » Mais cela n’a visiblement pas suffi à refroidir les velléités que cette cargaison suscite. « Samedi après-midi, il y a apparemment des gens qui sont passés pour tenter d’acheter la cargaison », témoigne le consul, sans pouvoir être plus précis sur ces mystérieux acheteurs.
A l’heure actuelle, une enquête est en cours. Mais pour Jean-Pierre Dinh, cette situation n’aurait pas dû avoir lieu, dès le départ. « Les matelots ne devraient pas être sur le navire, à le garder jour et nuit. Il a été saisi par la justice : c’est de son ressort de veiller dessus. » Quant au capitaine du bateau de pêche, il est assigné à résidence en attendant son procès fixé au 20 juillet.
Photo : Archives LNC
Des holoturies volées dans la grande rade, Les Nouvelles Calédoniennes, 11 juillet 2016.

