Ce matin, tous derrière les Bleus

Galeries commerciales, restaurants, établissements scolaires, mairies, hôtels : depuis 5 h 45 ce matin, partout à travers le pays, les Calédoniens sont vissés devant un écran et sont rangés, comme un seul homme, derrière les Bleus.

Par Aude Perron

Le magasin n’a pas désempli. Samedi, Delphine, gérante de l’enseigne DeguiZ Moi, au centre-ville de Nouméa, a passé sa journée à vendre du « bleu, blanc, rouge ». Coiffe indienne aux plumes tricolores, perruque, drapeau, maquillage : tout est bon pour se préparer pour cette finale France-Portugal qui a lieu ce matin même, sur tous les petits et grands écrans du pays. Et le foot, ce n’est visiblement pas que l’affaire des jeunes : « J’ai eu plusieurs clients, dans la cinquantaine, qui sont venus s’équiper. Ils disent que ça leur rappelle 98, explique la commerçante. Tout le monde a le sourire, tout le monde a envie de faire la fête. Il n’y a que le foot qui fait ça. »

Ce n’est pas Franck, aux Copains d’abord, qui peut la contredire. Le restaurateur du Quartier-Latin diffuse les matches depuis le début de l’Euro. Et pas que l’Euro, d’ailleurs. « On est de vrais fans », résume-t-il. Samedi en fin d’après-midi, après le service, c’était le temps de la mise en place avant le coup de feu. Ou coup d’envoi, plutôt. Ce matin, il attendait au moins une soixantaine d’habitués qui se posteront devant la télé à l’intérieur, ou devant l’écran où l’événement sera projeté. Le tout avec des croissants et du café. « Et à 8 heures, on sort les assiettes de charcuterie et le vin rouge : c’est la troisième mi-temps », lâche-t-il en riant.

Partout au pays

Du café, il devrait y en avoir aussi, servi gracieusement, ce matin, avec des croissants, dans la salle omnisports de Koumac. Hier après-midi, les agents de la commune du Nord étaient à pied d’œuvre pour installer les gradins mobiles et des nattes par terre afin d’accueillir les fans du ballon rond. « Pour la demi-finale, on a accueilli 200 administrés. On en attend autant pour la finale », indique le maire, Wilfrid Weiss, qui, lui, suivra le match à la mairie, dans la salle du conseil. Un pronostic ? « 3 à 1 pour la France », envisage-t-il.

La plupart des établissements scolaires du pays se sont également mis à l’heure de l’Euro. C’est le cas notamment du collège de Koné, où une heure de cours sera banalisée et un écran sera installé sous le faré, où sont attendus les collégiens, dès l’ouverture des grilles, à 7 h 15. « C’est la demi-finale qui a déclenché ça, confie Ludovic Foussard, principal adjoint de l’établissement qui compte 470 élèves. Il y a une unité qui s’est créée entre les élèves, les professeurs et les agents. C’était calme. » Alors forcément, impossible de ne rien faire pour la finale : « Le sport est une belle illustration du destin commun, poursuit-il. Alors il faut sauter sur ces occasions qui créent du lien. » Et une victoire ne gâcherait rien, bien au contraire : « En revanche, si c’est le cas, ça va être difficile de faire retourner les élèves en classe ! »

Photo : A. P. 

Ce matin, tous derrière les Bleus, Les Nouvelles Calédoniennes, 11 juillet 2016.

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