Deux sections australiennes pour élèves de sixième motivés

Une mission des ministères de l’Éducation français et australien s’est achevée vendredi, avec pour but de mettre en place des sections internationales australiennes, un dispositif linguistique et culturel.

Par Aude Perron

A la rentrée 2017, quelques dizaines d’élèves de sixième seront les heureux élus qui testeront les toutes premières sections internationales australiennes. La semaine dernière, deux inspecteurs de l’Éducation nationale, ainsi qu’une homologue australienne, étaient en mission sur le territoire pour observer la mise en place en Nouvelle-Calédonie de ces parcours scolaires, non seulement bilingues, mais aussi biculturels.

Huit heures spécifiques

Ces sections concernent, pour l’instant, deux collèges – Baudoux et Dumbéa-sur-Mer – et seulement le niveau sixième pour commencer. Destinées aux Calédoniens ainsi qu’aux Australiens expatriés sur le Caillou, elles seront constituées sur la motivation : les candidatures n’obéiront pas à la logique de la carte scolaire et pourront venir de partout. « C’est un dispositif pays », rappelle le vice-recteur, Jean-Charles Ringard-Flament.

Il ne s’agira pas d’une classe à proprement parler. Les élèves sélectionnés, dispersés dans différentes classes de sixième, seront seulement regroupés huit heures par semaine (sur les 25 hebdomadaires) pour leur enseignement spécifique : quatre heures d’anglais (qui s’ajoutent aux heures normales de langue vivante 1) durant lesquelles seront abordées des œuvres littéraires australiennes, et quatre heures d’histoire-géographie (remplaçant l’enseignement normal) avec des illustrations puisées dans l’histoire et la géographie de nos voisins.

Quant aux enseignants, il pourra s’agir d’Australiens, à tout le moins les personnels seront spécialement recrutés pour ces sections et devront être de préférence « locuteurs natifs » ou avoir une « double culture ». À cet effet, le cahier des charges est très précis puisque les sections internationales sont labellisées. « L’idée, c’est que toutes les sections internationales aient le même canevas, indique Florence Smits, inspectrice en histoire-géographie, au ministère de l’Éducation à Paris. Ce cadre est une garantie. »

Des sections labellisées

Avec son collègue Bertrand Richet, inspecteur en anglais, elle rentrera à Paris émettre un avis « seulement consultatif » sur ces futures sections australiennes.

Après la rentrée 2017, le dispositif devrait monter en puissance pour arriver à des sections en classe de troisième et au niveau lycée également, permettant d’obtenir respectivement l’option internationale du diplôme national du brevet (DNBI) et du baccalauréat (OIB).

« Mieux comprendre une culture et un système éducatif, c’est bien, fait remarquer Hélène Iékawé, en charge de l’enseignement au gouvernement. Mais avec la section internationale, les élèves calédoniens n’arriveront pas vierges en Australie, s’ils y poursuivent des études. Ils auront acquis des connaissances ; l’acculturation aura déjà lieu. »

Des sections dans seize langues

En 2015, on comptait 463 sections réparties sur 273 écoles, collèges et lycées en France et dans les établissements d’enseignement français à l’étranger. Ces sections sont établies en coopération avec 19 partenaires étrangers et existent dans 16 langues et cultures différentes : sections polonaise, arabe, américaine, suédoise, japonaise, brésilienne, etc.

Photos : Thierry Perron

Deux sections australiennes pour élèves de sixième motivés, Les Nouvelles Calédoniennes, 11 juillet 2016.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *