La Mij renouvelle l’opération Job d’été pour la onzième année consécutive. Plus de 5 000 jeunes devraient manifester leur intérêt et plus de la moitié d’entre eux devraient trouver un petit boulot dans les services, l’industrie ou la restauration. Présentation du dispositif avec Emilie Hudan, responsable du projet Job d’été à la Mij.
Propos recueillis par Aude Perron
Les Nouvelles calédoniennes : Quel est l’intérêt de l’opération Job d’été ?
Emilie Hudan : Nous voulons lutter contre l’oisiveté pendant la période de vacances scolaires. Pour le jeune, le job d’été constitue une expérience professionnelle qui vient étoffer son CV. C’est aussi un moyen de venir en soutien à la famille pendant les fêtes ou à la rentrée scolaire prochaine. Cet apport financier peut aussi permettre au jeune de payer ses cours de conduite, par exemple. Pour l’entreprise, cela permet de faire face à un surcroît d’activité ou de palier les départs en vacances, tout cela avec la prise en charge des démarches administratives et des cotisations sociales par la Mij. Et elle peut profiter d’une jeunesse qui est motivée et qui est prête à s’investir.
A quel point ce dispositif fonctionne-t-il ?
En 2014, 5 669 jeunes se sont inscrits à l’opération. La première année, nous avions eu 500 inscrits (il y a onze ans, NDLR). Ce n’est pas étonnant qu’il y ait de plus en plus de jeunes dans le dispositif car ils peuvent en bénéficier de 16 à 26 ans. Aussi, quand ils voient leurs amis travailler pendant les vacances, ça leur donne envie de faire la même chose. Tout cela a un effet boule de neige. Depuis le début de la semaine, nous recevons des coups de fil pour les inscriptions, alors qu’elles ne sont ouvertes que depuis hier. Mais la grande affluence, ce sera mercredi prochain : on attend plus de 200 jeunes qui viendront s’inscrire. Ils seront partout dans les locaux, dans les couloirs, assis par terre, en train de remplir leur formulaire !
Sur ces 5 669 inscrits l’an dernier, seulement 2 685 ont béneficié d’un job d’été. N’est-ce pas décevant ?
Non. On n’offre pas le job sur un plateau d’argent. Une fois inscrit à la Mij, le demandeur doit démarcher lui-même les entreprises pour trouver du travail. Si elles ne connaissent pas le dispositif Job d’été, c’est le jeune qui va expliquer comment cela fonctionne avec une fiche qu’on lui remet. Il y a aussi des jeunes qui démarchent des entreprises mais qui n’arrivent pas à décrocher un job d’été car ils n’ont pas réussi leur entretien. C’est pour cela que depuis l’an dernier, aux forums Job d’été, nous avons mis en place un coaching où, pendant une dizaine de minutes, nous donnons des conseils sur le savoir-être et la façon de mettre en valeur ses compétences. S’il garde ses frères et sœurs ou s’il fait du sport, il doit le mettre en valeur. Ces coachings redonnent confiance aux jeunes.
Les employeurs jouent-ils le jeu ?
Oui, de plus en plus. Si c’est davantage le jeune qui démarche les entreprises, ces dernières peuvent également nous contacter si elles sont à la recherche d’un profil ou de compétences particulières. Sur les forums Job d’été, elles sont très présentes. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on délocalise les forums depuis trois ou quatre ans : les entreprises sont demandeuses car elles se délocalisent de plus en plus et il y a également des zones industrielles qui émergent comme à Païta ou Dumbéa. L’an dernier, au forum de Nouméa, il y avait 60 représentants d’entreprises. Sur les forums délocalisés dans la province, il y avait environ une quinzaine d’entreprises participantes. Donc, oui, les entreprises jouent le jeu. Il faut dire que pour elles, le dispositif est très intéressant. Il n’y a aucune lourdeur administrative : nous prenons en charge toutes les cotisations sauf la CSS. En contrepartie, elles s’occupent de l’indemnisation mensuelle du jeune qui doit être comprise entre 50 % et 100 % du SMG (salaire minimum garanti).
Quels sont les secteurs dans lesquels les jeunes trouvent des jobs d’été ?
Les secteurs qui recrutent sont d’abord les activités de services (pour des postes d’agent d’accueil, de secrétariat), ensuite les activités techniques (dans l’industrie) et enfin l’hébergement et la restauration. Mais toute entreprise est susceptible d’embaucher en job d’été.
Le dispositif, côté pratique
Depuis le 1er octobre, les jeunes âgés de 16 à 26 ans, scolarisés, et qui souhaitent travailler pendant les vacances, sont invités à s’inscrire dans les antennes de la Mij. Pour constituer leur dossier, ils doivent se présenter munis d’une pièce d’identité valide (passeport ou carte d’identité) et d’un justificatif de scolarité (bulletin de note, certificat de scolarité ou carte étudiante). Une fois inscrits, ils pourront démarcher les entreprises et proposer leurs services pour une période allant de une à six semaines, entre le 15 novembre et le 15 février.
Les jeunes peuvent également aller à la rencontre d’employeurs potentiels aux forums organisés les quatre mercredis du mois d’octobre :
le 7 à Païta, de 13 heures à 16 heures ;
le 14 à La Foa, de 9 heures à 12 heures ;
le 21 à Nouméa, de 8 heures 30 à 16 heures ;
le 28 à Dumbéa, de 13 heures à 16 heures.
Renseignements au 28 22 77.
Photo : Aude Perron
Emilie Hudan : « On n’offre pas le job sur un plateau d’argent », Les Nouvelles Calédoniennes, 2 octobre 2015.

