L’opération « Bravo l’été » est lancée, l’occasion de faire le point sur l’état des commerces du pays. De Nouméa à Poindimié en passant par Lifou, cinq sons de cloche : entre le ralentissement économique et les grèves, chacun se débrouille pour tirer son épingle du jeu.
Par Aude Perron
Dans le concert de voix des commerçants du centre-ville de la capitale (lire l’article « Un malaise palpable », du 16 septembre, NDLR), le discours de Pascale Chiara détonne. Certes, nous sommes à Koné. Cela ne fait pas un an que la station Total qu’elle cogère a ouvert et déjà, son commerce tourne rondement. « Depuis qu’on a ouvert, notre chiffre d’affaires n’a fait qu’augmenter chaque mois, indique-t-elle. Même s’il y a eu du mouvement à Vavouto avec la démobilisation et le problème des fours, nous n’avons pas subi d’érosion de consommateurs; le pouvoir d’achat reste de plus en plus en province Nord. »
Il faut dire que la station-essence, attenante au centre commercial Téari, a pignon sur rue. Il s’agit aussi de la seule pompe au-delà de Tontouta à être ouverte 24 heures sur 24, comblant ainsi un vrai besoin : pendant le quart de nuit, de 21 heures à 5 heures du matin, entre 100 et 150 transactions sont enregistrées.
Mariage. Un emplacement rêvé, cela fait depuis son ouverture, en 2000, que le magasin Korail, à Wé, en jouit. « Nous occupons 60 % du marché de l’alimentation, estime son propriétaire, Jean-Marc Espalieu. Nous avons un surcroît d’activité de mai à septembre en raison des mariages. C’est le culturel qui nous fait tenir. » En revanche, la situation se complique dès qu’il y a une grève ou un autre souci dans le transport : « Avant, on avait des problèmes de bateau, maintenant, c’est les contrôleurs aériens. Il y a toujours quelque chose pour freiner l’économie des Îles », regrette-t-il.
Avec son nouveau magasin Korail, l’entrepreneur sera moins vulnérable. En effet, il sera situé dans un complexe en construction, au Pont-des-Français, au Mont-Dore. Ouverture prévue début décembre.
L’effet des grèves – notamment celle des rouleurs – Christelle, gérante d’un snack à Poindimié, le ressent tout de suite. « Je suis pénalisée pour les livraisons. J’ouvre quand même, mais il y a moins de choix sur la carte, témoigne celle qui, en ce jour de Fête de la citoyenneté, est encore aux fourneaux, pour la famille, cette fois. Mais je ne me plains pas : les gens auront toujours besoin de manger. » Entre les touristes ou les travailleurs, il y a en effet, toujours depuis 8 ans, du passage à la table de Christelle.
Stratégie. A Koumac, les gens n’ont pas toujours besoin de fleurs. Mais la boutique de Chantal Llouberes tourne bien.
« Il ne m’arrive jamais de rester avec des fleurs sur les bras, explique-t-elle, terminant de confectionner les trois derniers bouquets de sa journée. Mais dans une commune comme Koumac, on ne peut pas se permettre de faire qu’une seule chose : avant, je ne faisais que les fleurs et les vêtements, mais maintenant, j’ai aussi des curios, cadeaux, décoration. Et ça marche bien. »
Pour Pierre Roure, gérant depuis trois ans du salon Avant-Garde, à Val-Plaisance, à Nouméa, c’est là une des clés pour survivre, surtout dans le milieu ultra-concurrentiel de la coiffure. « C’est ça qui est stimulant : pour sortir du lot, il faut s’arracher un peu et savoir se remettre en question quotidiennement. La morosité ? Elle a bon dos. »
Il reconnaît que la situation de son salon, à Val-Plaisance, est privilégiée, tout comme la clientèle. Mais dans son secteur d’activité, il y a du travail, assure-t-il. « Le marché se porte bien, tout le monde bosse. On ne voit pas de coiffeurs qui ferment. »
Le chiffre
200. C’est en moyenne le nombre de commerces qui prennent part chaque année à l’opération « Bravo l’été ».
Le retour de « Bravo l’été »
C’est le retour du rituel commercial qui annonce l’arrivée imminente de la belle saison. A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 11 octobre, une valeur de près de quatre millions de francs de cadeaux est à gagner grâce à différents événements.
Un grand tirage
Les enseignes participantes remettront à leurs clients un bulletin par tranche de 2 000 francs d’achat. A compléter et à déposer dans les urnes prévues à cet effet. Un grand tirage aura lieu le jeudi 5 novembre : un million à gagner en bons d’achat pour le vainqueur. Les noms de dix autres gagnants seront également tirés. Les participants chanceux se verront remettre 70 000 francs en bons à dépenser dans les commerces identifiés Bravo l’été.
Un jeu radio
En attendant le grand tirage du 5 novembre, dès lundi, les Calédoniens pourront participer quotidiennement à un jeu radio pour tenter de remporter l’un des cadeaux, pour une valeur totale d’un million de francs.
Une journée à Nouméa
Le samedi 3 octobre, au centre-ville de la capitale, sera organisée la journée « Faites-vous plaisir ». Il sera possible de remporter des cadeaux d’une valeur de 250 000 francs.
Photo : A. P.
Le commerce a de la ressource, Les Nouvelles Calédoniennes, 25 septembre 2015.

