Hasard du calendrier, l’UNC a programmé hier, deux jours après l’accident à Jules-Garnier, une évacuation surprise avec intervention des secouristes.
Par Aude Perron
En pleine période de révisions, les étudiants de l’Université de Nouvelle-Calédonie ont le nez dans leurs bouquins cette semaine. Mais, hier matin, à la bibliothèque universitaire, leurs heures studieuses ont été perturbées par l’alarme incendie, qui s’est déclenchée vers 9 h 30. Ni une ni deux, en l’espace d’environ cinq minutes, ils se sont retrouvés au point de rassemblement, dirigés par le personnel de la bibliothèque, formé à jouer les serre-files.
Au bout d’une demi-heure d’attente, personnel et étudiants ont compris qu’il s’agit d’un exercice et certains trépignent : « Ça fait déjà trente minutes : c’est du temps précieux pour moi », s’inquiète une étudiante pour ses révisions.
Tester les équipements
Mais il va falloir qu’elle patiente encore un peu. C’est le deuxième exercice incendie que l’UNC organise – le premier remonte au début de l’année scolaire. Le scénario, cette fois-ci : l’évacuation d’un bâtiment, couplée à une intervention des pompiers chargés d’évacuer un personnel coincé et d’éteindre le feu dans une pièce enfumée. C’est la première fois, depuis 2012, que l’UNC fait appel aux pompiers pour intervenir dans son exercice incendie. Calé il y a un mois, ce dernier n’a rien à voir avec les événements qui ont eu lieu au lycée Jules-Garnier, mardi matin. C’est l’occasion pour l’établissement de tester si les équipements fonctionnent et si les procédures de sécurité sont mises en application. Côté humain, certains serre-files sont moins visibles, car ils tiennent leur chasuble jaune fluo à la main, plutôt que de la porter.
Mais celui qui est posté vers l’entrée de la bibliothèque a joué son rôle : débouter les étudiants et les rediriger vers le point de rassemblement, tant que l’exercice n’a pas été déclaré terminé par les pompiers.
Des procédures et du bon sens
Parmi la soixantaine de personnes évacuées, un étudiant en chaise roulante. Petite vérification faite par Marc Lécuyer, directeur technique de l’UNC et responsable de la sécurité : il a été porté dans les escaliers, dans sa chaise, par un des serre-files qui a demandé le concours d’un étudiant. « Ce qui est important, c’est qu’ils ne prennent pas l’ascenseur ; c’est interdit dans ces situations. Après, pour le descendre, il n’y a pas de procédure spécifique : c’est le bon sens. »
Si l’exercice a une vertu pédagogique pour l’UNC, il est également très utile pour les secouristes. « Ils sont très demandeurs : c’est l’occasion pour eux de se familiariser avec les lieux », fait remarquer Soazig Le Mouellic, à la communication de l’université, qui précise que le campus compte quatorze hectares.
Une heure trente plus tard, tout est terminé. Exception faite d’une vraie victime – un employé qui, sous le coup du stress, a fait un malaise -, l’évacuation s’est « globalement bien passée ». Le minimum de deux exercices pour l’année a été respecté. Mais il n’est pas dit qu’il n’y en aura pas un dernier : il reste encore six mois avant la fin des classes.
Photo : D. R.
Exercice incendie surprise à l’université, Les Nouvelles Calédoniennes, 3 juin 2016.

