La première conférence du Réseau des universités du Pacifique insulaire (PIURN) s’est clôturée vendredi, à Koné. Retour avec Gaël Lagadec, président de l’Université de Nouvelle-Calédonie (UNC), dont l’objectif est d’arriver à monter des projets de recherche en commun.
Aude Perron
Les Nouvelles Calédoniennes : Le réseau a été crée il y a un an. Quel est son but ?
Gaël Lagadec : Avec 11 universités, situées dans 5 pays différents, ce réseau de recherche a pour objectif de nous rendre plus forts, face à des enjeux communs. Le Pacifique insulaire est par définition un espace particulier et fragmenté. Nous sommes éloignés et relativement isolés les uns des autres. L’objectif, c’est de permettre des rencontres scientifiques sur des thèmes transversaux au Pacifique et d’être en capacité de monter conjointement des projets de recherche.
Pourquoi l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont-elles absentes de ce réseau ?
Hormis USP qui est une université de grande taille mais régionale, Il n’y a que de petits pays insulaires dans ce réseau. Nous avons tous la même taille et faisons face aux mêmes enjeux. Cette homogénéité facilite la construction conjointe. Comme il n’y a pas de leader (même si USP est une grande université), nous pouvons construire durablement.
Qu’est-ce qui est sorti de cette conférence ?
Au delà de la conférence scientifique proprement dite, des liens multiples se sont créés tout au long de la semaine : les chercheurs entre eux, mais aussi avec des universitaires en dehors de la conférence. Par exemple, le responsable d’une des universités de Papouasie-Nouvelle-Guinée a pu rencontrer des géologues de l’UNC pour discuter d’un projet de recherche commun. Un autre d’une université fidjienne a rencontré un physicien de l’UNC au sujet de la mise en place d’un récif artificiel par électrolyse. Bref, des contacts se sont noués dans des directions multiples. Cela donne de la substance au réseau.
Quelles perspectives d’avenir ?
En marge de cette conférence, les représentants des onze universités nous sommes rencontrés sur le développement à venir du réseau et sur les axes stratégiques de recherche. Nous avons retenus trois axes : les changements climatiques et leurs impacts sur les états insulaires ; la sécurité alimentaire; et enfin, les sciences humaines et sociales. Ces thèmes seront prioritaires. Et feront l’objet de la prochaine conférence, à Samoa, en 2016.
Un protocole de coopération a été signé jeudi soir entre les membres du PIURN…
Nous avons en effet signé un memorandum of cooperation (MOC), en présence d’André Dang, un des administrateurs de l’UNC. Six universités l’ont déjà signé, deux autres jeudi soir et les trois dernières signatures suivront bientôt. Cette coopération verra la mise en place d’un programme d’échange de chercheurs, de personnels administratifs et d’étudiants de niveau master ou doctorat.
Comment s’articulera le réseau parmi les autres qui existent déjà dans le Pacifique ?
Le PIURN doit être une passerelle vers nos autres partenaires de recherche, particulièrement vers le Consortium de recherche « CRESICA », récemment créé, entre l’UNC et les organismes de recherche en NC. Il faut maximiser les possibilités de coopération universitaire régionale.
Photo : A. P.
Gaël Lagadec : « Il faut maximiser la coopération universitaire dans le Pacifique », Les Nouvelles Calédoniennes, 10 novembre 2014.

