Ils planchent sur l’eau

Un séminaire organisé à l’initiative du Comité de gestion de l’eau VKP s’est tenu sur les trois derniers jours. Objectif : trouver les meilleures pratiques pour une politique de l’eau.

Par Aude Perron

L’eau est un thème de discussions animées en province Nord, notamment sur VKP, où le développement de la zone exerce une indéniable pression sur la ressource. Mais les choses avancent sur le sujet, comme en fait foi le séminaire qui s’est tenu à la salle Au Pitiri, de mardi à jeudi dernier. A l’initiative du Comité de gestion de l’eau VKP (qui réunit 17 institutions) et avec le concours du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS), il avait pour thème La gouvernance de l’eau : défis et bonnes pratiques. « C’est la dernière étape du programme pluriannuel du Comité, indique Pascal Goffinet, chargé de mission aménagement à l’exécutif de la Province Nord. Nous avons récolté de nombreuses propositions. A nous d’alimenter les élus avec les informations recueillies pour qu’ils puissent mettre en place une politique de l’eau. »

Pour ce faire, des invités de Métropole, Fidji, Vanuatu, Polynésie, Martinique, Nouvelle-Zélande et du Québec étaient présents, histoire de partager leurs bonnes pratiques. Et l’exemple du Québec en matière de gouvernance de l’eau semble avoir suscité un intérêt certain. Les organismes de bassins versants (OBV), mandatés par la Loi et légalement constitués, ont pour mission de protéger et valoriser la ressource en eau sur leur territoire et ce, par le biais de diverses actions élaborées par les acteurs de l’eau : agriculteur, pêcheur, producteur forestier, citoyen, élu, bref, toute personne concernée par l’eau, de part son travail ou ses loisirs. « Notre approche part vraiment du bas et remonte vers les institutions pour faire modifier les pratiques, la réglementation et les lois, témoigne Antoine Verville, du Regroupement des Organismes de Bassins Versants du Québec, une organisation non gouvernementale. Il faut renforcer la participation locale et éviter de tout institutionnaliser. » 

Ne reste plus qu’à contextualiser les bonnes pratiques pour les rendre opérationnelles. « Au Vanuatu, la conservation de l’eau est également un enjeu et il faut voir ce qui se fait ailleurs, confie Erickson Sammy, du Ministère des ressources en eau. On nous a présenté le modèle français, par exemple, mais il est difficilement applicable au Vanuatu ou même à la Calédonie. Il faut un modèle tienne compte de notre insularité. » 

Une chose est certaine : c’est l’appel à participation qui sera fait à la société civile. Cette société civile existe, même si elle n’est pas nécessairement organisée autour de problèmes spécifiques, tels que l’eau. « Nous allons l’aider à se responsabiliser, se renforcer et développer ses capacités. Nous l’avons fait avec l’Association des Utilisateurs de l’Eau Agricole : la Province finance une personne pour développer leur stratégie et la partager », rappelle Pascal Goffinet.

Photo : A. P.

Ils planchent sur l’eau, Les Nouvelles Calédoniennes, 20 mai 2013.

 

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