Peut-être moins séduisante ou urgente que les enjeux du Medipôle de Koutio ou du déficit du RUAMM, la santé préventive n’est pas assez considérée. C’est ce qui est ressorti de la conférence donnée mercredi soir à la médiathèque.
Par Aude Perron
Un peu à l’image de ce que suscite la santé préventive, il n’y avait qu’une dizaine de personnes, mercredi soir dernier, à la conférence-débat sur le thème de la santé préventive en Nouvelle-Calédonie, organisée par l’association Convergence Pays en partenariat avec la Médiathèque de l’Ouest. Pourtant, toutes les raisons sont bonnes pour s’intéresser et faire davantage de prévention, a insisté le Dr. Michel Pierre, pneumologue à Bourail et ardent défenseur d’une politique de santé préventive : « La santé coûte de plus en plus cher. Certaines pathologies coûtent très cher, alors qu’elles sont en partie évitables. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 14 % des assurés CAFAT sont pris en longue maladie et consomment 50 % du budget du RUAMM.
Mais lutter contre l’obésité infantile, le diabète ou les addictions n’est pas chose aisée, a rappelé le Dr. Pascale Domingue, à la Direction des actions sanitaires et sociales et des problèmes de santé (Dassps). Sa campagne de sensibilisation « Mange mieux, bouge plus » se heurte à des problèmes d’interprétation : pour plusieurs, manger mieux signifie manger plus. Quant au mot « bouger », il n’a pas de traduction en langue…
« Et pour faire de la prévention, il faut aussi s’attaquer à l’environnement social des gens, s’assurer qu’ils aient un toit, par exemple », a fait valoir Pierre Welepa, éducateur spécialisé à l’Agence sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie et en charge, avec le Dr. Christian Michel également présent, du Plan Addictions 2011-2015.
Il n’en demeure pas moins que, pour le Dr. Pierre, la prévention est la responsabilité de tout un chacun : « Il faut responsabiliser les gens. Nous avons tous des droits, mais aussi des devoirs et prendre soin de sa santé, c’est un devoir. C’est même une attitude citoyenne. »
Photo : A. P.
La prévention, enfant pauvre de la santé, Les Nouvelles Calédoniennes, 17 octobre 2011.

