La sécurité privée se professionnalise

La professionnalisation et la moralisation du secteur de la sécurité privée se poursuivent : trois formations sont aujourd’hui disponibles et dix-huit professionnels sont déjà diplômés.

Par Aude Perron

A mi-chemin. Sur les six diplômes calédoniens visant à la professionnalisation des métiers de la sécurité, trois ont vu le jour en début d’année. Nul doute, les choses progressent dans le milieu de la sécurité privée. Depuis 2013, en effet, le gouvernement et l’Etat planchent sur sa réglementation (lire La fin du far west, 11 septembre 2015). Dans les faits, pour les agents et les sociétés, cela se traduit par des agréments, des cartes professionnelles, et bien sûr, de vrais diplômes.

Aujourd’hui, une cinquantaine de Calédoniens sont en formation ou ont tout récemment reçu leur diplôme de la DFPC (Direction de la formation professionnelle continue) : agent de sécurité privé qualifié (ASPQ), agent de sûreté aéroportuaire (ASA) ou technicien en télésurveillance (TT). Quant aux diplômes de convoyeur de fonds, agent de maintenance des automates bancaires et agent de traitement des valeurs, les référentiels seront validés d’ici la fin de l’année.

Diplôme calédonien

« Cela a pris un peu de temps, reconnaît Dominique Faudet-Bauvais, de la DFPC, mais on ne voulait pas faire un copier-coller des référentiels qui existent en Métropole. Nous avons fait le choix de bien consulter les professionnels pour que les référentiels et les formations correspondent aux pratiques ici. » Quelques nuances, donc. Dans le transport de fonds, par exemple, le module sur le port d’armes reste minimal car « le risque de braquage est plus faible ici qu’en Métropole », précise la directrice adjointe.

Les formations se complètent en 150 heures environ, en fonction de l’organisme de formation agréé. Après les heures de cours, les candidats passent un examen écrit (un QCM et une mise en situation) puis un entretien oral avec un jury composé de professionnels des forces de l’ordre (gendarmerie et police). Et non de professionnels du milieu de la sécurité privée. Une précaution nécessaire pour éviter qu’un membre du jury se retrouve juge et partie, si le candidat est déjà employé dans sa société.

150 000 F à financer

Pour les professionnels (patentés ou salariés) qui n’ont pas cumulé assez de métier pour une VAE* (on les estime à 200), l’obtention d’un de ces diplômes calédoniens est la condition sine qua non pour demander sa carte professionnelle et exercer. Pour le moment, les candidats salariés sont financés par la province Sud et la société qui les emploie (la Nouvelle-Calédonie pourrait, elle aussi, mettre la main à la poche).

Mais pour les patentés, le coût de la formation – 150 000 francs environ – est beaucoup plus difficile à assumer…

Une fois les 1 500 professionnels du milieu de la sécurité privée dans les clous, ils auront un répit de cinq ans avant de devoir aller ou retourner en formation, afin d’obtenir le renouvellement de leur carte professionnelle, arrivée à échéance. La formation continue devrait a priori être financée via le futur Fonds interprofessionnel d’assurance formation (FIAF), qui doit voir le jour en 2017. « On avait une branche qui faisait très peu de formation et qui maintenant se professionnalise, fait remarquer Dominique Faudet-Bauvais. Cela inquiète les sociétés : les prestations vont coûter plus cher et se répercuter sur les clients. Mais c’est le prix à payer pour la montée en qualification du secteur. »

* VAE : validation des acquis de l’expérience

Trois diplômes

– Agent de sécurité privée qualifié (ASPQ) :

5 organismes de formation agréés, 18 diplômés,

26 en cours de formation.

– Agent de sûreté aéroportuaire (ASA) : 1 organisme de formation, 11 candidats en formation. Examen en juillet.

– Technicien en télésurveillance (TT) : un organisme de formation est en cours d’agrément.

– Pour les diplômes de convoyeur de fonds, agent de maintenance des automates bancaires et agent de traitement des valeurs, les référentiels seront validés d’ici la fin de l’année.

Ensuite, des organismes doivent proposer des formations basées sur ces référentiels et être agréés comme tels. Les premiers diplômés verront le jour en 2017.

Pour s’inscrire à l’une ou l’autre de ces formations, il est à noter que le candidat ne doit pas être en situation d’illettrisme et devra faire l’objet d’une enquête de personnalité.

Photo : Archives LNC

La sécurité privée se professionnalise, Les Nouvelles Calédoniennes, 21 juin 2016.

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