L’école calédonienne doit être apaisée

L’association Ngere K a organisé, mercredi soir, à l’IFPSS* de Nouville, une conférence sur le système éducatif.

Par Aude Perron

Une quarantaine de personnes, parents ou membres de la communauté éducative pour la plupart, ont assisté, mercredi soir, à une conférence sur le système éducatif, avec pour invités Danielle Guaenere, chargée de mission au vice-rectorat et Claude Constans, directeur de cabinet d’Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’éducation. Après un retour en arrière, allant de l’école des missionnaires jusqu’aux écoles populaires kanak, Danielle Guaenere a résumé le chemin parcouru : « On a beaucoup avancé. Ce n’est pas encore suffisant et c’est pourquoi le système éducatif est en train d’être révisé, mais il faut valoriser le bond important que les Kanak ont fait en 50 ans. »

Encore Inégalitaire et peu performante

Ce que Claude Constans a illustré avec des chiffres éloquents : aujourd’hui, chez les 15 ans et plus, trois personnes sur quatre ont un diplôme, alors qu’on en comptait moins de la moitié en 1989. « C’est la part des Kanak diplômés qui a le plus progressé avec une hausse de 50 % », a-t-il précisé.

Malgré tout, personne ne se voilait la face au sujet de cette école, et surtout pas l’assistance, dont certains membres ont déploré la persistance des inégalités et le peu d’adaptation de l’enseignement aux réalités du terrain. « Malgré les moyens déployés, cette école est inégalitaire et pas assez performante, a opiné Claude Constans. On ne peut pas traiter de façon homogène tous les enfants. Et c’est tout l’objectif de la deuxième grande orientation du projet éducatif : considérer la diversité des publics pour la réussite de tous. »

A la communauté éducative de jouer, maintenant, en expérimentant et en innovant dans les classes, auprès de tous les élèves, sans développer une école « à plusieurs vitesses. » Mais avant tout, certaines questions doivent être résolues, selon l’ancien inspecteur d’académie Claude Constans : « Nous sommes encore en train d’interroger la place de l’enfant kanak dans le système éducatif. Il faut que notre société soit au clair avec ses valeurs. L’école doit être apaisée. »

* Institut de formation des professions sanitaires et sociales.

L’école calédonienne doit être apaisée, Les Nouvelles Calédoniennes, 24 juin 2016.

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