La solution serait ailleurs ?

La Commission qui fait le tour du pays en 400 débats s’est arrêtée au Lycée agricole de Nouvelle-Calédonie, à Pouembout. Profs, parents, et élèves n’ont pas hésité à s’exprimer. Selon eux, la Calédonie devrait davantage s’inspirer des modèles anglo-saxon et scandinave.

Par Aude Perron

Il y avait une trentaine de personnes au Lycée agricole de Pouembout pour prendre part au débat sur l’avenir de l’École calédonienne : des profs, quelques parents d’élèves et une petite poignée de lycéens seulement car la plupart étaient déjà partis pour le week-end. Cela n’a pas empêché ceux présents de faire valoir leur opinion sur les différents thèmes abordés. 

La Commission était représentée par un seul de ses 39 membres, Olivier Grzelac, ingénieur en agriculture et en environnement et chargé de mission régional à l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. D’emblée, ce dernier a invite les personnes présentes à participer, en plus de ce débat, aux forums sur Internet, par courrier, par téléphone et même, de prendre part à d’autres débats. « Ce débat n’est pas joué d’avance. En brousse, vous avez des particularités qu’à Nouméa, on n’imagine pas forcément. Alors, exprimez vos vœux, » a-t-il encouragé.

Le premier sujet de discussion concernait la façon d’améliorer la qualité de vie des élèves. Une élève n’a pas hésité à se lancer sur le problème du rythme scolaire, qui fait d’ailleurs couler beaucoup d’encre en Métropole en ce moment : « Nos journées sont longues. Il faudrait un rythme hebdomadaire allégé avec des vacances moins longues. » Plusieurs professeurs abondent dans ce sens, ainsi que le proviseur, Joseph Gestin, présent : « Jamais de la vie on impose à un adulte huit heures d’affilées de formation. » Et la coupure des grandes vacances est si importante qu’il faut bien un petit mois aux élèves pour se remettre dans le bain, fait valoir une enseignante.

Un parent d’élève intervient, avec une suggestion pour raccourcir les journées : « On est dans un bassin océanien. On pourrait regarder ce que font les anglo-saxons. Par exemple, la pause du midi est plus courte et les journées finissent plus tôt. » Un professeur prend la balle au bond et parle du cas de la Finlande, dont la densité de population (15 habitants au km carré) est comparable à celle de la Nouvelle-Calédonie. Dans les écoles finnoises, les après-midi sont consacrés à aider les élèves à s’affirmer en tant qu’individu, à travers leurs projets professionnels. « C’est comme une école à la carte », illustre-t-il. Bref, l’étudiant est clairement au centre du dispositif.

L’assistance a également abordé le problème de l’absentéisme des professeurs. Comme on est en brousse, c’est plus difficile de trouver des remplaçants. Et c’est sans compter le fait qu’il faille les loger pendant ces courtes périodes, ce qui n’est pas une sinécure sur la zone VKP… 

Mais l’assistance n’avait pas que des doléances à exprimer. Mis à part le fait que les élèves n’ont pas véritablement de lieu qui leur est propre, comme un casier dans lequel ils pourraient au moins déposer leurs livres au lieu de les traîner toute la journée, une enseignante a fait remarquer que l’internat du lycée était très confortable. « Ce pourrait même être un modèle pour les autres ! »

La solution serait ailleurs ?, Les Nouvelles Calédoniennes, 24 juin 2010.

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