Les travaux qui doivent aboutir au prolongement et à l’élargissement de la piste de l’aérodrome de Koné ont débuté ce lundi. Objectif : accueillir l’ATR-72 rempli à pleine capacité.
Par Aude Perron
La pluie a perturbé les plans de la journée, mais le chantier est bel et bien démarré à l’aérodrome de Koné. Route de la Néa, des engins, des docks et du matériel ont été installés en vue des travaux de prolongement et d’élargissement de la piste d’atterrissage. Le but : la mise aux normes des équipements de l’aérodrome afin d’accueillir l’ATR-72, avec désormais, 68 passagers à son bord, soit à pleine capacité. Pour l’instant, une dérogation lui permet d’atterrir et décoller, mais avec seulement la moitié des voyageurs. Dès la mi-2014, il devrait donc y avoir plus de monde dans le ciel entre la capitale et Koné (ils étaient 5601 en 2012).
Représentant un coût d’un peu plus de 1 milliard de francs, le chantier a été divisé en trois marchés différents : ouvrage d’assainissement, terrassement et revêtement et enfin, balisage lumineux. Le premier marché consiste donc en un ouvrage cadre : d’environ 10 mètres de hauteur et autant de largeur sur 150 mètres de longueur, il sera construit sur un fossé naturel et est destiné à récupérer les eaux de ruissellement : « C’est un ouvrage de gestion des eaux conséquent, explique Olivier Béal, Chef du Bureau des Infrastructures Aéronautiques, à la Direction de l’Aviation Civile (DAC). Nous allons construire dans un cours d’eau, dans un lit déjà existant. Les pluies auront des conséquences directes sur l’avancement des travaux. » Si les intempéries ne s’invitent pas plus souvent qu’à leur tour, cette partie du chantier, qui sera réalisée par Dumez avec le concours de sous-traitants de la SAS Vavouto, devrait être achevé dans 6 mois. Coût : 280 millions de francs.
Le deuxième marché concerne la piste (respectivement longue et large de 1000 et 20 mètres) qui sera prolongée de 350 mètres et, sur la totalité de cette nouvelle longueur, élargie de 10 mètres. Un élargissement particulièrement nécessaire car c’est davantage la largeur que la longueur actuelle de la piste qui est restrictive et empêche de remplir l’ATR à pleine capacité. Les sociétés Colas et Bolliet se chargeront de ce marché de terrassement et de revêtement, qui coûtera 660 millions de francs. Les travaux, d’une durée de douze mois, débuteront en juillet, avant même la fin de l’ouvrage d’assainissement. « La nouvelle piste fera 1350 mètres, mais elle ne sera exploitable que sur 1220 mètres en raison de la proximité d’un bâtiment de la Province, situé au sud de l’aérodrome, précise Olivier Béal. Cependant, à terme, nous ferons des acquisitions foncières qui nous permettront d’utiliser la piste sur la totalité de sa longueur. » Le troisième marché enfin, celui du balisage lumineux, a été remporté par la société SEPAC et coûtera 70 millions de francs.
Pendant la durée des travaux, l’aérodrome restera en activité, ce qui sous-entend des perturbations dans les vols commerciaux, les vols privés et les évacuations sanitaires (voir encadré). Cela implique également de nombreuses procédures de sécurité à respecter à chaque phase du chantier. Par exemple, pendant la construction de l’ouvrage cadre, il faudra, avant les arrivées et départs d’avion, abaisser la flèche d’une grue de 23 mètres qui perce et obstrue la surface de dégagement. « Aussi, pendant l’élargissement, nous devons nous assurer que la bande de plateforme autour de la piste est bien nivelée, avant l’atterrissage d’un appareil. Autrement, si ce dernier devait faire une sortie de piste, cela pourrait avoir de graves conséquences », avertit Olivier Béal.
Mais l’histoire de la montée en puissance des équipements de l’aérodrome de Koné ne s’arrête pas là, puisque le déplacement de l’aérogare au nord de la piste, une nouvelle caserne de pompiers et un dépôt de carburant, entre autres choses, sont également prévus à plus long terme. En attendant, dans quelque quatorze mois, Koné deviendra le 3e aéroport domestique du pays (avec Magenta et Lifou) à être en mesure de recevoir un ATR plein.
Légende : Le chantier, qui vient de commencer, doit se poursuivre jusqu’à la mi-2014.
Le chiffre. 1,01. C’est en milliard le coût des travaux de prolongement et d’élargissement de la piste de l’aérodrome de Koné.
Repères. Perturbations en vue
- Lors des travaux d’élargissement, les vols du mercredi seront supprimés pendant une durée de 5 à 8 semaines. Selon planning actuel, cette période devrait tomber aux alentours du mois d’octobre. « C’est le vol le plus fréquenté, reconnaît Olivier Béal, mais il nous fallait pouvoir travailler trois jours en continu en semaine. »
- Pour compenser cette situation, c’est un ATR, et non un Twin Otter, qui assurera le vol du vendredi matin.
- Afin de réaliser le revêtement de la totalité de la nouvelle piste (allongée et élargie) et des parkings d’avion, ainsi que le marquage et le balisage définitif, l’aérodrome sera fermé à toute circulation (exception faite des hélicoptères) pendant un mois, dans le courant du 2e trimestre 2014.
- En ce qui a trait aux Evasan, lors des travaux d’élargissement, la bande de plateforme autour de la piste ne pourra pas être nivelée à temps pour permettre le décollage d’un avion. Les évacuations se feront soit par hélicoptère, soit en passant par Koumac.
Photo : A. P.
L’ATR-72 pourra être rempli, Les Nouvelles Calédoniennes, 2 mai 2013.

