Dans le cadre de leur cours de français, les élèves de 6A ont reçu un invité très spécial jeudi dernier : le slameur Paul Wamo. Avec lui, ils s’exercent à prendre la parole. Et si les complexes s’envolent, samedi, ils monteront sur scène à l’occasion de la Fête de la musique.
Par Aude Perron
Les élèves de 6e A du collège de Tiéta peuvent remercier leur professeur de français, Noëlla Poëmate. C’est elle, avec le concours de Lisbeth Whaap, responsable de la bibliothèque municipale de Voh, qui a eu l’idée de couronner un trimestre à étudier la poésie avec quelque chose de spécial. Comment ? En invitant Paul Wamo pour leur faire découvrir le slam. Mais l’artiste, modeste, ne se considère pas comme un vrai slameur car il n’y a pas de salle de slam en Nouvelle-Calédonie où il pourrait clamer ses textes devant d’autres écrivains de poésie moderne. « Je fais des performances à l’oral », résume-t-il.
Mais la classe de 6e se fichait pas mal de cette subtilité ; elle était plutôt ravie de recevoir de la si grande visite et elle l’a montrée en se pliant aux différents exercices de leur nouveau professeur. C’est qu’il a la touche avec les jeunes, le poète. Il les fréquente depuis 2004, dans ce genre d’ateliers qu’il donne dans les écoles. Et il apprécie ce contact : « Ils sont curieux, intéressés », témoigne-t-il.
En guise de réchauffement, un jeu avec une balle : dès qu’un élève la reçoit, il doit trouver rapidement un mot qui finit avec un son prédéterminé, puis vite la lancer à son voisin qui doit à son tour relever le défi. Puis, allez, hop, tout le monde dehors : cette fois, quelques volontaires dégourdis, 6 garçons et une fille, sont invités à clamer un texte qu’ils ont écrit. Les thèmes touchent la tribu, la Kanaky, la famille, la nature, les amis…
Avec les autres élèves, Paul Wamo fait exprès de se tenir loin de plusieurs mètres pour les forcer à projeter leur voix. Mais il écoute aussi, il encourage, il félicite. « C’est un atelier pour découvrir le slam. Mais surtout pour les décomplexer par rapport à la prise de parole et d’écriture », explique Paul Wamo. Et si les élèves sont suffisamment enhardis, ils pourront présenter leur texte, à la Fête de la musique de Voh, samedi prochain, en compagnie du slameur. « Ils monteront sur scène s’ils le veulent. Pas de prise de tête », conclut l’artiste.
Photo : A. P.
Le slam anti-complexes, Les Nouvelles Calédoniennes, 21 juin 2010.

