Les fortes pluies des derniers jours pourraient entrainer une pénurie de certains fruits et légumes. De quoi inquiéter les grossistes, qui se préparent à importer. Pour les 12 000 repas quotidiens à Vavouto, le prestataire s’apprête à sortir les boîtes et les surgelés.
Par Aude Perron
Même si les intempéries n’ont pas généré de graves dégâts chez les agriculteurs de la zone VKP, Axel Aresky n’est pas entièrement rassuré. Le grossiste en fruits et légumes craint que ses fournisseurs ne puissent pas honorer ses commandes. « Je pense que dès la semaine prochaine, je vais manquer de choux et de carottes, dit-il. On va avoir une meilleure idée des conséquences d’ici cinq ou six jours. On saura si les légumes ont pourri en terre ou non. » Un gâchis pour lui, alors que pour certains produits, « nous allions commencer à entrer en production locale. »
Déjà ce matin, il n’a reçu que le trois quart du volume d’oranges qu’il avait demandé à son fournisseur de La Foa. La faute aux fortes pluies des derniers jours, ce dernier n’a pas pu récolter et livrer les quatre tonnes hebdomadaires à son client du nord. Il puise donc dans un stock qui ne sera pas forcément renouvelé. « Je n’ai pas eu d’arbre cassé, mais mon verger était sous deux mètres d’eau. Les oranges étaient noyées, confie l’arboriculteur Yann Soury Lavergne qui compte plus de 500 arbres dans son exploitation. Pour l’instant, j’ai du mal à évaluer la quantité de fruits qui va rester sur les arbres. Mais une chose est certaine : les fruits tombés par terre sont perdus. »
« Nous sommes dans l’expectative », résume Axel Aresky. Difficile donc de prévoir quelles seront les conséquences sur les quatre cantines de Vavouto, dont il est l’unique fournisseur en fruits et légumes, avec un volume de quelque 3,5 tonnes chaque semaine. En fin d’après-midi, CIS, qui prépare 12 000 repas au quotidien, faisait un état de la situation avec ses responsables en approvisionnement. « Nous avons du boîtage et du surgelés qui nous permettrait de tenir deux semaines sans problème, affirme Sébastien Aubert, directeur de projet pour CIS. Il y aura peut-être moins de variété puisqu’il va manquer de certains produits locaux. Mais les travailleurs de Vavouto vont manger, ils n’ont pas de souci à se faire ! »
En attendant, Axel Aresky songe déjà à compenser la pénurie envisagée avec des produits frais importés. Toutefois le prochain bateau en provenance de la Nouvelle-Zélande accostera le 22 juillet seulement. Nul doute que le prix des fruits et légumes va augmenter, selon lui : « La cherté de la vie, ça va être à cause d’eux », lance-t-il, préoccupé.
Légende : Pour le moment, tous les légumes sont encore disponibles grâce aux stocks des producteurs. Mais pour combien de temps encore ?
Photo : A. P.
Le spectre de la pénurie, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 juillet 2013.

