Le Stade Koniambo a 50 ans

Ce week-end, le club de foot a fêté son cinquantième anniversaire avec une rétrospective en photos à la maison commune de la tribu ainsi qu’un match gala contre le CA Saint-Louis, remake de la demi-finale de la coupe NC de 1989. 

Par Aude Perron

Sur le banc de touche et dans les gradins, les supporters crient. Quand un joueur se prend une gamelle ou rate le ballon, c’est les éclats de rire. L’ambiance est bonne enfant, en ce samedi soir, au stade Yoshida. Et pour cause. C’est un match tout particulier qui se joue. Un match gala pour souligner les 50 ans du Stade Koniambo, remake de la demi-finale de la coupe NC de 1989, à l’occasion duquel ce club omnisports de la commune affrontait le CA Saint-Louis. Du côté du Stade Koniambo, presque tous les joueurs de l’époque étaient présents. Saint-Louis, pour sa part, a dû combler les trous avec des membres de la relève. 

Pendant deux fois vingt minutes, les deux équipes se sont affrontées sous les encouragements et les taquineries. Si les touchers, les passes ou les têtes sont encore précises, les sprints, en revanche, sont un peu laborieux… « Ca fait des années que je n’ai pas joué comme ça, lance, encore essoufflé Ferdinand Pearou, à l’issue du match. Le plus dur, c’est les jambes. Vous savez, en 1989, j’avais 22 ans. Ca ne nous rajeunit pas ! » De son côté, Guy Charles semble avoir bien encaissé l’effort. « Et c’est moi le plus vieux : j’ai 65 ans ! » Il faut dire que l’ancien gardien de but de l’équipe n’a jamais vraiment quitté le foot, notamment en entrainant les jeunes de la commune pendant plusieurs années. 

Si le Stade Koniambo a sauvé l’honneur samedi soir avec une marque de 1-1, l’actuel président du club, Richard Meandu rappelle les performances passées du club : « Les années 90, c’était la belle époque. Nous étions redoutables. Nous sommes mêmes allées à Tahiti. Puis il y a eu un creux… » Aujourd’hui, en effet, le club a perdu quelques sections, surtout le foot à onze, depuis quelques années. Il a été remplacé par le futsal, pour des raisons pratiques, entre autres. « C’est moins cher pour le transport de l’équipe et les terrains sont plus petits. C’est moins onéreux. »

« Koniambo a été un grand club, poursuit Guy Charles. Il y avait du rugby, du badminton, de l’athlétisme, du volley, du cricket, du basket. A l’époque, il y avait la notion d’effort. En ce sens, le développement économique nous cause du tort : les gens sont fatigués, ils n’ont plus le temps. »

Trois questions à Michel Clarque, conseiller technique, Comité provincial Nord de football

Comment se porte le foot en province Nord ?

Il se porte bien. Si on peut faire dire tout et n’importe quoi aux chiffres, il reste que le nombre de licenciés est un bon indicateur de la santé du foot dans le nord. En 2011, nous comptions 3368 licenciés, puis 3505 en 2012 et aujourd’hui, nous en avons 3672. Parmi eux, 578 femmes. Ce n’est pas beaucoup par rapport aux hommes, mais c’est en nette progression par rapport à l’an dernier où elles étaient 322. C’est le résultat de notre travail de promotion du foot féminin. Cette année, nous avons plutôt mis l’emphase sur l’animation foot auprès des 8 et 10 ans.

Les clubs prennent-ils leur place ?

De plus en plus. Quand je suis arrivé en poste il y a deux ans, tout dépendait du comité. Mais cette année, avec les animations foot, on voit que les clubs prennent le relais : une vingtaine de clubs ont organisé une trentaine d’animations pour les 8 et 10 ans. Le foot animation est important pour la rencontre, la convivialité et le respect: c’est du jeu, sans l’enjeu d’une compétition. En revanche, je crois qu’il y aurait intérêt à se que les clubs se regroupent davantage. Certaines communes en comptent cinq ! Les clubs grandissent, je crois qu’ils devraient s’unir et mutualiser les moyens financiers et les ressources humaines. Et créer des sections, plutôt que de nouveaux clubs de toute pièce : section féminine, section futsal, etc.

Quels sont les prochains objectifs ? 

J’aimerais bien sortir notre foot de la province. Je rencontre mes homologues des Îles et du Sud pour discuter l’organisation de rencontres par clubs ou par catégorie d’âge. Le transport représente tout un budget dans ce genre de déplacement, mais nous pouvons compter sur l’aide de la Province. Autrement, j’aimerais bien que de nouveaux états généraux du sport soient organisés. Les derniers remontent à 2003. En dix ans, le sport dans le Nord a grandi, il a changé. Ce serait bien de faire ce point avec tous les acteurs. Après tout, avec l’obésité et autres problèmes chez les jeunes, nous avons presque une mission de service public.

Photo : A. P.

Le Stade Koniambo a 50 ans, Les Nouvelles Calédoniennes, 2 décembre 2013.

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