Le Gypsy Jazz Festival débute jeudi soir à Nouméa et à Maré. Au programme, de l’accordéon, du violon, du banjo et de la contrebasse. Avec, çà et là, des touches d’electro, de reggae et de kaneka.
Par Aude Perron
Difficile d’oublier à quel point le Gypsy Jazz Festival avait fait fort, l’an dernier, avec le Camerounais Richard Bona en tête d’affiche, talentueux bassiste et chanteur, au charme duquel les Calédoniens avaient succombé. « Mais je n’aime pas ce terme de tête d’affiche, lance, songeur, Michel Trabelsi, organisateur de l’événement qui, en 2013 avait également réussi à inviter le guitariste américain Raul Midon. Dans la programmation, nous avons toujours des groupes qui tournent beaucoup. »
Pour cette treizième édition, qui se déroulera jeudi (en plusieurs lieux) et samedi, au centre culturel Tjibaou, pas de vedette aussi connue, donc, mais plusieurs groupes reconnus dans le genre musical du festival.
Ode à la moustache
Cette nouvelle édition signe le retour du style gypsy pur, quelque peu délaissé par le passé, avec le jazz manouche de l’ensemble RP Quartet dont le répertoire promènera les spectateurs dans les années 60, entre West Side Story et Miles Davis, en passant par Nougaro. Puis il y aura une plongée dans les années 30, avec The Flappers Circus Band, dont le swing est revisité à la mode electro-house. « Le jazz peut paraître intellectuel, surtout avec le genre contemporain ou fusion. Mais le swing vous touche directement. Ça rend le jazz abordable », estime Michel Trabelsi.
L’inclassable Simja Dujov, artiste juif argentin à la moustache façon Dali, réjouira les spectateurs de son énergie débridée et de ses rythmes latins, juifs et gypsy. Show garanti. Parlant d’art facial, le groupe toulousain Moustache Gracias, dont deux des membres résident désormais en Calédonie, se retrouvera pour une prestation décentralisée à Maré, jeudi soir, avant le grand spectacle au centre Tjibaou samedi.
Montrer le talent local
Deux formations 100 % locales sont également à l’affiche : 100 fous et Groove Spirit, avec le Lifou Louis Upane à sa tête, au sujet duquel Michel Trabelsi ne tarit pas d’éloges. « Quand on a de bons musiciens et qu’on a l’opportunité de les mettre de l’avant, c’est un devoir de le faire », indique celui qui est également musicien et professeur de guitare. Locaux ou non, tous les groupes ont un commun leur énergie sur scène. « Ce n’est pas tout d’écouter un album pour savoir si on programme ou pas un groupe : il faut aussi vérifier le jeu scénique. YouTube permet justement de vérifier si les gens sont capables de faire le show. Il faut avoir la boulette ! » Mille cinq cents spectateurs sont attendus sur les deux jours. Eux aussi devraient avoir la boulette.
Deux jours et quatre lieux
Jeudi 19 novembre
Moustache Gracias, à Maré, 20 heures
RP Quartet, au Kiosque à musique, 18 heures
Simja Dujov, à la Bodega, 21 heures
Samedi 21 novembre, au centre culturel Tjibaou
15 heures : 100 fous
16 heures : Groove Spirit
17 heures : Moustache Gracias
18h30 : RP Quartet
20 heures : Simja Dujov
22 heures : The Flappers Circus Band
Le swing est de retour, Les Nouvelles Calédoniennes, 17 novembre 2015.

