Un pas de deux mythique

Le célèbre ballet de Tchaïkovski sera interprété par les danseurs de la Compagnie de danse contemporaine, des classes du Conservatoire et par deux solistes internationaux.

Par Aude Perron

«Oh qu’ils sont beaux, mes flocons ! » « Les souris, les soldats : sur le plateau, s’il vous plaît, dépêchez-vous, on ne va pas y passer la nuit ! » « Très belle course, Athéna, très aérienne. » Entre rappels à l’ordre et compliments, Sthan Kabar-Louet ne laisse rien échapper en cette soirée de répétition. Nous sommes à moins de 48 heures de la première. Et pour ce nouveau spectacle des élèves du Conservatoire de musique et de danse de Nouvelle-Calédonie qui a lieu tous les deux ans, le chorégraphe s’attaque à un monument de la danse classique : le fameux Casse-Noisette.

Mais pas d’inquiétude chez le professionnel : « Je sentais que les danseuses étaient suffisamment bien préparées pour cela, explique-t-il. De plus, c’est un ballet qui a l’avantage de s’adapter à tous les niveaux. La complexité réside plutôt dans le fait que je fais intervenir les classes plusieurs fois, qu’elles se mélangent et que certaines ont plusieurs rôles. »

Cadeau. En tout, 170 danseurs, de 8 ans à l’âge adulte, se partageront la scène. En plus des « petits rats » du Conservatoire, Sthan Kabar-Louet fait intervenir quatre danseurs de sa troupe, la Compagnie de danse contemporaine de Nouvelle-Calédonie, dans des rôles principaux. Cerise sur le gâteau, la fée Dragée et le prince sont interprétés par deux danseurs internationaux : Bridgett Zehr, ancienne du National Ballet of Canada et du English National Ballet, aujourd’hui indépendante, et Gergely Leblanc, du Ballet National de Hongrie. « Pour faire le pas de deux mythique, je tenais à avoir des danseurs internationaux, confie Sthan Kabar-Louet. Leur présence est un cadeau que je voulais faire aux élèves du Conservatoire. »

Complicité. Les deux artistes, arrivés lundi sur le Caillou, ne se connaissaient pas et semblent sous le charme l’un de l’autre. « Nous nous sommes rencontrés lundi et de suite, je l’ai aimé !, lance affectueusement la danseuse, à l’adresse de son partenaire. Je rencontre les enfants seulement ce soir [jeudi], mais j’adore danser avec eux. Tout ce qu’ils veulent, c’est s’amuser. L’ambiance est bien plus légère que dans une compagnie. »

Agé de seulement 23 ans, Gergely Leblanc a peu dansé Casse-Noisette, contrairement à Bridgett Zehr. « C’est une chorégraphie très difficile, admet le soliste. Mais une fois que tu la maîtrises, tu peux être content de toi. » La qualité du spectacle promet. Depuis deux semaines d’ailleurs, les trois représentations (et la quatrième qui a dû être ajoutée) prévues au centre culturel de Boulari sont toutes à guichets fermés.

Photo : A. P.

Un pas de deux mythique, Les Nouvelles Calédoniennes, 14 novembre 2015.

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