Demain et samedi soir, la compagnie de théâtre d’improvisation Ouh La La donnera un spectacle dans lequel le public impose les thèmes, les contraintes et les styles. Soirées sans filet et rires garantis.
Par Aude Perron
«Le public peut venir chaque soir s’il le veut : le spectacle est toujours différent. » Ce n’est pas sans humour que Damien Cholley présente les spectacles d’improvisation que donne, depuis l’an dernier, Ouh La La, la compagnie théâtrale qu’il a mise sur pied, en janvier 2014, avec Guénolé Bouvet, un ami comédien amateur, lui aussi. En effet, c’est toujours la salle qui décide, au tout début du show, de dix thèmes, dix styles (à la manière de…), dix contraintes (avec un accent, mimé, bruité, etc.) et de vingt mots au hasard.
Les comédiens ont seulement la liberté de faire les combinaisons avant de se lancer dans des improvisations d’une durée variant de cinq à dix minutes. Sans filet. « Plus on avance dans la soirée, plus on est en difficulté et l’on doit puiser loin pour trouver une histoire à raconter. Et plus le public s’amuse », confie Damien Cholley, qui fait de l’impro amateur depuis plus de dix ans. Ça promet donc, au centre culturel du Mont-Dore, demain et samedi soir ! Si la toute jeune compagnie – la seule qui se consacre uniquement à l’improvisation – trace sa route, avec ses douze comédiens et quelques dates depuis 2015, le festival qu’elle porte donnera une véritable assise au théâtre d’impro en Nouvelle-Calédonie.
Edouard Waminya en tête d’affiche
Prévu du 21 novembre au 5 décembre, le Festival international de théâtre d’improvisation (FITI) accueillera une troupe réunionnaise et une autre belge, « des compagnies qui font référence dans le métier ».
Mais surtout, l’événement accueillera la compagnie dans laquelle évolue Edouard Waminya, comédien professionnel installé en Métropole depuis douze ans. Le Lifou « est un excellent improvisateur », précise Damien Cholley, ajoutant qu’il a remporté en février dernier, à Lyon, le 10e Mondial d’improvisation. « C’est notre guest star. » Pour l’organisation de ce festival, dont le budget dépasse les dix millions de francs, les fondateurs de Ouh La La ont puisé dans leurs fonds propres, à hauteur de 40 % et démarché différentes collectivités et des partenaires privés, qui ont répondu à l’appel. Les comédiens de Ouh La La et des trois troupes invitées se mêleront et iront à la rencontre des publics de Dumbéa, de La Foa et de Bourail, parmi les dates déjà confirmées. Le Nord ne sera pas en reste, puisque l’Association de formation des musiciens intervenants (AFMI) devrait les aider à y aller en tournée. « J’aimerais bien aller jouer aux îles, mais pour cela, il nous manque encore des financements », fait valoir Damien Cholley.
Un championnat
Après la semaine de tournée, le festival se poursuivra, du 1er au 4 décembre, avec un championnat auquel le Chapitô prêtera son concours. Là, ce sera chacun pour soi : les compagnies s’affronteront les unes contre les autres en six matches de pool et les deux meilleures (d’après le public) se disputeront la finale. Si l’on se fie aux rares billets qu’il reste pour le spectacle de demain soir et samedi, la première édition du FITI devrait trouver son public.
Les 1er et 2 juillet au centre culturel du Mont-Dore. Du 1er au 4 septembre au Théâtre de poche à Nouméa. Le 30 septembre au centre culturel de Dumbéa. Du 21 novembre au 5 décembre au Festival international de théâtre d’improvisation, sur la Grande Terre.
Photo Luc Mauduit – Nautile Movie
Le théâtre d’impro lance son festival, Les Nouvelles Calédoniennes, 30 juin 2016.

