Le projet de barrage prend véritablement forme

Discuté depuis de nombreuses années et devenu indispensable avec la croissance démographique de VKP, le barrage sur la Pouembout devrait voir le jour en 2020.

Par Aude Perron, en collaboration avec Cécile Raquin

Il était espéré et voilà qu’il se concrétise. Le barrage de Pouembout, dont le besoin se fait sentir à chaque sécheresse, émergera en amont de la rivière du même nom dans environ quatre ans. A l’issue d’une étude comparative menée en 2012-2013, c’est cette solution qu’a privilégiée la province Nord afin de répondre, dans un délai acceptable, aux besoins du développement de la zone VKP, dont la ressource en eau est soumise à rude épreuve en raison de la hausse de la population, du développement économique et des activités agricoles.

Pour le moment, beaucoup d’éléments doivent être éclaircis, notamment concernant le choix du site. Six étaient à l’étude, il n’en reste plus que trois qui répondent aux hypothèses de consommation les moins conservatrices. Car le but, c’est que l’ouvrage alimente Pouembout et Koné, voire Voh, pour peu que la commune soit raccordée. Et qu’il soit encore adapté à l’horizon 2050. Mais Yannick Slamet, premier vice-président de la province Nord et président du comité de pilotage du projet, rassure : « La Pouembout peut supporter ce barrage. »

Mais à quel coût ? Une facture de 7 milliards de francs est prudemment avancée. « Ce sera un des plus gros chantiers sur la zone VKP dans les prochaines années », confirme Yannick Slamet. Pour ce qui est de son financement, les prochains contrats de développement ont été évoqués, notamment par le Premier ministre Manuel Valls, lors de sa visite dans le Nord fin avril. Quant au prix de l’eau au robinet, son augmentation fait partie de la réflexion engagée.

Un enjeu agricole

Chez les agriculteurs, ce projet de barrage devrait être accueilli avec un immense soulagement. Du fait du déficit en eau sur Pouembout, beaucoup de terres qui pourraient être

cultivées ne le sont pas, fait valoir Benjamin Roger, chef de service Aménagement et gestion de l’eau à la Direction de l’aménagement et du foncier (DAF) de la province Nord : « Les agriculteurs travaillent en fonction de l’eau disponible. Et nous sommes déficitaires. »

« Un des objectifs de la province avec ce barrage est de conserver la ruralité de la commune, souligne Yannick Slamet. Pouembout est l’une des plus grandes plaines fertiles du pays. » Ainsi des 500 hectares cultivés aujourd’hui, la commune, du fait de la prochaine disponibilité de la ressource en eau, pourrait cultiver 3 000 voire plus de 4 000 hectares !

En attendant, le comité met toutes les chances de son côté pour avancer avec l’adhésion de tout un chacun : rencontres avec les usagers, permanences dans les mairies, registres et un site Internet dédié au projet (www.barrage-pouembout.nc). Des réunions publiques sont également prévues, dont la première est fixée au mardi 12 juillet, dès 17 heures, à la salle polyvalente de Pouembout.

Calendrier prévisionnel

Décembre 2015 à juin 2016 : état des lieux, définition des besoins et des contraintes

Juillet à novembre 2016 : orientations d’aménagement

Décembre 2016 à février 2017 : programmation

Mars à août 2017 : passation des marchés de travaux

2018 : lancement des travaux

2020 : mise en service

Photo : Cécile Raquin

Le projet de barrage prend véritablement forme, Les Nouvelles Calédoniennes, 2 juillet 2016.

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