Avec l’aide d’une bourse d’excellence de la province Sud, Benjamin Stirrup vient de terminer sa licence à la prestigieuse London School of Economics. Et vient d’être admis au Master à Polytechnique.
Par Aude Perron
Avec ses cheveux bien coiffés sur le côté et ses grandes lunettes, Benjamin Stirrup a l’air d’un premier de classe. Et c’est bien le cas : à 21 ans, le Calédonien trace sa voie, entre notes brillantes, premières places dans des concours scientifiques, bourses d’excellence et admissions dans des écoles prestigieuses. Dernier fait d’arme : son acceptation dans un Master à Polytechnique en septembre prochain. Mais depuis le salon de son petit appartement londonien où il se livre à une interview par Skype, force est de constater que cela ne semble pas lui être monté à la tête : il donne l’impression que réussir est simple.
Il y a trois ans, déjà, l’ancien élève du collège Mariotti et du lycée Lapérouse avait réussi une prouesse (lire notre édition du 4 septembre 2013, Vers Harvard et au-delà), en étant admis à la London School of Economics pour un bachelor of science (équivalent à une licence) en mathématiques et en économie.
Le lagon lui manque
Mais une fois à Londres, il faut s’habituer à tout : l’éloignement familial, les cours en anglais (langue qu’il parle, son père étant anglais) et surtout les amphithéâtres bondés. « Ca n’a pas été facile : le contact avec les professeurs a chuté de façon drastique, se souvient le Nouméen. Mais cela m’a forcé à me tourner vers les autres élèves et à former une équipe. » Puis, il faut se discipliner et travailler par soi-même, régulièrement, entre les 12 à 15 heures de cours hebdomadaires.
Mais étudier chez les Anglo-saxons ne se résume pas qu’à l’obtention d’un diplôme, découvre-t-il, « il y a plein d’opportunités ». Benjamin Stirrup intègre le club d’aviron pendant deux ans. « C’était la seule façon d’être dans l’eau », justifie celui qui regrette de ne pas avoir assez profité du lagon calédonien. Il rejoint une fraternité, fait quelques stages dans une start-up et dans une chambre de commerce et s’engage, pendant un an, dans la réserve de l’armée britannique. « Mais j’ai des regrets. Je n’ai pas assez développé de grandes choses comme faire de la recherche ou créer une entreprise. Il y a tellement de possibilités. »
Créer le facebook de demain
Cela ne l’a pas empêché d’être récemment accepté au Master innovation, entreprise et société, à Polytechnique, programme pour lequel il a eu le « coup de foudre » tant cela correspondait à ce qu’il recherchait. Dans ce Master bilingue, qui sélectionne une quarantaine d’étudiants, Benjamin Stirrup se retrouvera notamment avec des polytechniciens en troisième année. Beaucoup d’ingénieurs, donc, « et moi, le mouton noir du troupeau, s’amuse le Calédonien. Mais j’arrive d’un programme en business, j’ai quelque chose à apporter. »
Il a donc hâte d’être au mois de septembre, tant pour les cours que pour les deux stages prévus, le développement de son propre projet ou l’échange de quatre mois à l’Université Berkeley à San Francisco. « Le but de ce Master est de démarrer des start-ups tournées vers les technologies. A Polytechnique, je sais que j’aurai les moyens de mettre en œuvre mes idées. Et j’ai envie de créer le Facebook ou le Google de demain », confie-t-il le plus naturellement du monde.
Alors ses conseils pour les Calédoniens ? « Chercher à fond, dès la fin du lycée et pendant votre licence, le programme qui vous correspond le plus. Il y a plein d’opportunités et de façons d’intégrer une école prestigieuse, sans passer par une prépa ou par la voie classique. » Et apprendre l’anglais. Non seulement pour avoir accès aux universités anglo-saxonnes mais parce que « beaucoup d’universités européennes proposent des programmes bilingues ou en anglais », fait-il remarquer.
En attendant septembre, Benjamin Stirrup savoure sa victoire du moment : le 15 juillet, à Londres, il recevra son diplôme de licence qui couronne ses trois années d’efforts.
Photo : DR
Un jeune Calédonien dans un Master de Polytechnique, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 juillet 2016.

