En une journée et demie, des lycéens ont mis à l’épreuve, en équipes, des connaissances et des compétences apprises en cours. Et resserré les liens entre eux.
Par Aude Perron
C’est une journée qu’ils ne sont pas près d’oublier. Mercredi dernier, pas loin de trente élèves ont participé à une matinée de cohésion, organisée par une partie des professeurs de cette première STMG (sciences et technologies du management et de la gestion) du lycée Blaise-Pascal.
Par équipes de cinq, ils se sont prêté à différents jeux chronométrés : résolution d’énigmes, épreuves des cinq sens, portrait chinois, jeu de rôle, défi sportif et création de la plus haute structure autoportante (en photo).
Jouer et rigoler, c’est bien, mais il y avait un but, que les lycéens ont découvert le lendemain matin seulement : celui d’analyser collectivement leur journée sous l’angle de « la cohésion au service du bien-être, de la collaboration et de la performance dans les organisations » et de préparer une présentation. Temps imparti : sept heures.
Le chemin, pas la finalité
Le tout sous l’œil de leurs professeurs ainsi que de Pierre-Yves Leroux, de l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) qui suit cette première STMG de Blaise-Pascal – la seule classe numérique labellisée du pays – mise en place l’an dernier. « On mesure l’impact d’un dispositif scolaire numérique sur la réussite scolaire, avec plusieurs indicateurs, dont l’obtention du bac, l’intégration de filières et l’insertion professionnelle, par exemple », explique-t-il.
À 7 h 30 jeudi, la consigne était lâchée et les équipes planchaient sur leur réflexion, à livrer en utilisant (ou pas) les outils avec lesquels cette classe numérique se familiarise depuis le début de l’année. « La journée de cohésion d’hier est le prétexte pour faire vivre aujourd’hui aux élèves une situation complexe transdisciplinaire, indique Matthieu Dunias, professeur d’éco-gestion et référent numérique. Un défi singulier est posé et il n’y a pas qu’une seule façon d’y arriver. À travers ce chemin, les élèves vont être sensibilisés aux compétences dont ils ont besoin dans les différentes matières. » A savoir, pour ces futurs gestionnaires, donner du sens au leadership, au processus d’influence, à la résolution de problème, à la gestion du stress, à la communication efficace, etc.
Se voir d’un autre œil
En fin de journée, au bout des présentations, Marine, confirme : « On a ressorti des connaissances du tout début de l’année, comme la stratégie opérationnelle, l’esprit d’équipe ou l’individualité, qu’on a vue en cours de management », confie-t-elle, à la fois étonnée et ravie d’avoir fait ces liens. L’expérience a également plu à Karyl-Anh : « Ce que j’ai aimé, c’est à quel point on était tous ensemble mercredi. Ça a beaucoup aidé pour le travail aujourd’hui : on a puisé dans les liens créés hier pour ne pas se disputer », lâche-t-elle, en riant, faisant la démonstration que la cohésion peut véritablement se mettre au service de la collaboration et de la performance.
Plus timide, Jean-Christophe a apprécié le nouveau rapport qui s’est peut-être installé avec les professeurs, qui étaient « à fond eux aussi » pendant la journée de cohésion. « Ça nous a donné l’occasion de faire nos preuves et de montrer des compétences qu’ils ne pensaient pas qu’on avait. Je pense qu’ils nous voient d’un autre œil. »
La cloche a sonné. Contrairement à d’habitude, les lycéens restent, discutent, peu pressés de partir. Un comportement qui n’a pas échappé à leur professeure principale, Julie Lassus. « Ils sont encore dedans. C’est positif. »
Photo : Matthieu Dunias
Une classe numérique qui teste ses compétences, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 juillet 2016.

