Après un an et demie de travaux, la résidence des jeunes travailleurs de Voh s’apprête à voir le jour. Dès septembre, elle accueillera ses premiers locataires. Mercredi dernier, a eu lieu une inspection minutieuse des bâtiments.
Par Aude Perron
Chambres, sanitaires, cuisine, local électrique : tout est scruté à la loupe. En présence des différents corps de métier qui ont participé à la construction du bâtiment, la SEM VKP dirige en cet après-midi une pré-réception des travaux de la nouvelle Résidence des jeunes travailleurs, au lieu dit Poavounou, à la tribu de Tieta de Voh. Du plâtre à reprendre par ici, une serrure à reprendre par là, il reste environ deux semaines de petits détails à régler pour que l’équipement soit prêt à être réceptionné. Si la pose de la première pierre remonte au début de l’année dernière (voir notre édition du 23 février 2012), la résidence accueillera ses premiers locataires, dès septembre.
Sise sur les terres du GDPL Poavounou Fwaouindji, c’est une première sur foncier coutumier dans la commune de Voh. Une source de satisfaction pour les partenaires du projet, notamment la Province, la commune et les coutumiers. Glenn Béalo, gérant de la SARL Pwanagu, société créée en janvier dernier par le GDPL pour assurer la gestion de la structure, ne cache pas non plus sa joie : « L’attente a été longue pour le GDPL : les premières rencontres avec les partenaires remontent à 2007. Mais nous sommes fiers que nos terres puissent servir d’assise pour des projets de ce type. Cela fait la démonstration qu’il est possible de faire du développement sur foncier coutumier. Nous sommes capables de faire bouger les choses et de devenir des acteurs quelques soit l’endroit ou les difficultés. »
Le public visé par cette résidence est les jeunes de 18 à 35 ans, qu’ils soient travailleurs, apprentis, stagiaires ou étudiants en formation sur la zone VKP. Les attaches avec KNS, les entreprises et la Province ont déjà été prises afin de faire connaître cette nouvelle option d’hébergement. Solution de passage, la durée de séjour peut aller d’un jour à douze mois, à raison de 1700 francs la nuitée : rien à voir avec le prix d’une chambre d’hôtel ! « Ce projet a un caractère social : il soit répondre à un besoin en logement et abordable. »
Deux emplois directs seront créés pour gérer la structure : un agent à la réception et un autre à l’entretien. Pour les combler, un programme de formation sur les métiers de l’hôtellerie (réceptionniste, agent d’accueil, secrétariat, agent polyvalent, etc.) à été lancé en 2011, avec le soutien de la Province et se poursuivent actuellement avec la CCI.
Et le caractère social de ce projet ne s’arrête pas là, puisque de micro-activités économiques vont venir se greffer à la RJT : service de gamelles, laverie, ménage, espaces verts, loisirs et gardiennage. Ces différentes prestations ont été réparties dans les différentes familles du clan regroupées au sein du GDPL. « Ce n’est peut être pas grand-chose mais c’est un moyen suffisant de redistribuer le travail, d’insérer les gens dans l’économie et d’avoir des retombées directes liés au projet, estime Glenn Béalo. Cette initiative va certainement donner des idées à d’autres GDPL pour se lancer et promouvoir leur stock foncier. »
Légende : Maître d’œuvre de la Province, la SEM VKP dirige l’inspection des travaux avec les différents corps de métier qui ont participé à la construction de la résidence.
Repères
Le coût de cet équipement s’élève à 100 millions CPF, l’Etat participant à hauteur de 75%, à travers les contrats de développement Etat Province 2006-2010. Sur un terrain d’un hectare, la résidence de style pavillonnaire d’une surface de 364 m², est construite en bois de pinus de la scierie de Netchaott. Elle comprend vingt chambres individuelles (dont une chambre pour handicapé), toutes équipées d’un lavabo. La cuisine, le réfectoire et les sanitaires sont partagés. L’architecture se veut « bioclimatique ». Les deux corps de bâtiment, ouverts sur l’extérieur en plusieurs endroits, sont reliés par une coursive couverte. Ils sont posés sur des pilotis, créant un vide sanitaire pour une meilleure ventilation. La toiture compte de larges débords, pour protéger les façades du soleil et de la pluie.
Quid de la RJT de Koné ?
Des RJT, il devait y en avoir trois au départ : une dans chaque commune de VKP. Celle de Pouembout est morte dans l’œuf. Et celle de Koné, située derrière le collège, vient de subir un revers cuisant : alors que le chantier était bien engagé, un des deux bâtiments de la résidence a été la proie des flammes, le 22 juin dernier, vers 5h30 du matin. « C’est un chantier qui n’était pas gardé, pas éclairé la nuit et situé un peu à l’écart, indique-t-on, à la gendarmerie de Koné. L’enquête est toujours en cours, mais nous avons très peu d’éléments pour nous permettre d’arriver aux responsables. Car il s’agit d’un geste criminel. » En ce qui a trait à la suite à donner à ce projet de résidence, la Province et la SEM doivent se rencontrer le 21 août prochain.
Photo : A. P.
Les 18-35 ans dotés d’un toit, Les Nouvelles Calédoniennes, 5 août 2013.

