KNS veut faire d’une journée en tribu un passage obligé pour tous ses nouveaux employés étrangers. Jeudi dernier, une quinzaine de personnes, des employés de KNS accompagnés de leur conjoint ou famille, se sont rendus à la tribu de Ouélisse.
Par Aude Perron
Pour la plupart canadiens, ils sont récemment arrivés sur le territoire pour travailler sur le projet de l’usine du Nord. Le but ? Aller en tribu à la rencontre des Kanak, comprendre ce monde nouveau et partager un repas.
La journée s’est déroulée dans la maison communale de la tribu, bâtie en partie avec des fonds de Falconbridge. « On veut remercie de nous consacrer de votre temps. Cette journée n’est pas qu’une présentation. C’est aussi pour échanger », a déclaré Moïse Kamou, membre du conseil des clans, pendant le geste coutumier.
Les expatriés ont beaucoup à gagner à participer à cet accueil interculturel. C’est l’occasion de tisser des liens avec les gens du pays et se donner le goût de revenir lors d’un week-end ou plus longtemps, si affinités ! Mais c’est surtout un cours en accéléré sur le Caillou : histoire, économie, le monde kanak et la vie en Nouvelle-Calédonie.
Chantal Francoeur, la nouvelle vice-présidente des ressources humaines chez KNS, a été marquée par le rôle qu’on joué les missionnaires et les bagnards dans le découpage du territoire. Nul doute, pour elle, « ça vaut vraiment la peine de suivre cette formation. » « Pour ma part, j’ai appris que le oui ne veut pas forcément dire la même chose ici, confie Christian Bruneau, directeur construction, mine et terrassement, arrivé en poste en novembre dernier. Il faut donc être prudent dans nos interprétations. »
Les questions étaient très nombreuses, et notamment celles sur l’historique de l’usine du Nord et la fameuse notion de rééquilibrage, « une notion qui est lourde de sens pour nous », a précisé Moïse Kamou. C’était l’occasion de rappeler l’adhésion des Calédoniens au projet. « Cela a été fabuleux. On était Kanak et Caldoches, côte à côte, à vouloir cette usine », se remémore Pamani Siwa, chef de département, formation chez KNS.
« Le projet est chargé politiquement. Alors cette journée est importante pour que les employés de KNS s’en approprient l’histoire et les réalités », estime Jimmy Naouna, formateur accueil interculturel chez KNS. C’est pourquoi, une nouvelle rubrique, soit l’historique de l’usine du Nord, sera ajoutée au contenu des prochaines formations. Car il y en aura d’autres. Si c’est la troisième, KNS compte bien en faire un passage obligé pour tous ses nouveaux employés d’origine étrangère. « Pour nous, l’accueil interculturel est une procédure importante, au même titre que la santé et la sécurité de nos employés », conclut Jimmy Naouna.
Photo : A. P.
Les nouveaux explorateurs de KNS, Les Nouvelles Calédoniennes, 15 avril 2010.

