Les premiers labels bio

Jeudi dernier, l’association Bio Calédonia a tenu son premier comité de certification. Les quatre producteurs locaux agréés sont les premiers en Calédonie à pouvoir afficher le logo Bio Pasifika.

Par Aude Perron

La journée a été longue, mais elle revêtait une importance tout particulière pour l’association Bio Calédonia. Elle a tenu jeudi dernier à la mairie de Pouembout son tout premier comité de certification, sur lequel siègent de manière bénévole 10 membres élus et deux membres consultatifs. Après délibérations, quatre producteurs (maraîchage, fruits, produits vivriers) de Houaïlou, Bourail et Paita ont été agréés Bio Pasifika, un label qui suit la norme océanienne d’agriculture biologique : certains pourront porter la mention Garanti (ce qui signifie que la production se fait sans produits chimiques depuis au moins trois ans), tandis que les autres porteront la mention en Conversion, signifiant qu’ils leur reste des conditions à remplir. « Ces producteurs sont des pionniers, dit Fabienne Gandet, directrice-coordonatrice de l’association Bio Calédonia. C’est difficile de se convertir au bio ici car il y a une baisse de rendement au début et il n’y a pas d’aide à la conversion en Calédonie. »

C’est une grande étape franchie pour ces producteurs, mais aussi pour cette association territoriale, unique organisme de certification biologique présent sur le Caillou. Fondé en 2009, Bio Calédonia compte aujourd’hui 4 salariés-animateurs qui accompagnent les producteurs dans leur processus de certification. L’association s’appuie également sur 142 bénévoles, dont 79 producteurs et 63 consommateurs. « C’est un système participatif de garantie où c’est un groupe local de producteurs et de consommateurs qui mène les audits. Il y a plusieurs étapes à franchir avant que la candidature soit déposée au comité de certification. Ca évite le copinage et, à mon avis, c’est ce qui rend crédible le système », estime Fabienne Gandet.

Si seulement quatre producteurs ont été agréés pour le moment, Fabienne Gandet envisage avoir une vingtaine de dossiers à étudier très prochainement. On devrait donc voir plus souvent le label Bio Pasifika. Cependant, il reste une incertitude concernant les activités en province Sud car la Province n’a pas encore confirmé la totalité de la subvention demandée. « Ca met en péril la poursuite de nos animations dans le Sud car nous ne pourrons plus payer notre salarié-animateur dédié aux producteurs de cette province, s’inquiète Fabienne Gandet. C’est dommage, car au final, ce sont les producteurs qui vont être pénalisés car nous ne pourrons plus les accompagner dans le processus de certification. »

Photo : A. P.

Les premiers labels bio, Les Nouvelles Calédoniennes, 17 juin 2011.

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