Paul-Klein ouvre ses portes 

Lundi, la base aérienne 186 Lieutenant-Paul-Klein a accueilli des lycéens de l’agglomération souhaitant confirmer leur intérêt pour l’aéronautique militaire. Des conventions avec le lycée du Grand Nouméa ont également été signées.

Par Aude Perron

Aux commandes du Puma, Floranne et Daisy sont tout ouïe. Entre ces deux lycéennes en seconde à Jules Garnier, un pilote de la base aérienne Lieutenant-Paul-Klein leur explique les particularités et les capacités de cet hélicoptère. Les deux jeunes filles prennent part avec une trentaine de camarades à une journée dont le but est de susciter de l’intérêt pour les métiers de l’aéronautique, via notamment le Brevet d’initiation aéronautique (BIA).

Version moderne du brevet élémentaire des sports aériens créé en 1945, le BIA est peu connu et, pourtant, il est aujourd’hui offert en Calédonie aux seconde et première de quatre lycées du pays : Grand Nouméa, Jules-Garnier, Lapérouse et Pouembout (lire notre encadré). « C’est une formation assez pointue, confirme le colonel Sadoux, qui a enseigné le module histoire de l’aéronautique. C’est un peu comme si on préparait les jeunes à un brevet de pilote. »

Baptême. En milieu de matinée, Floranne et Daisy sont déjà décidées à s’inscrire à ce BIA à la rentrée prochaine. « Cette visite permet de se projeter, confie Floranne. Mon père est chef d’escale à l’île des Pins et il veut que je fasse pilote. On verra. En attendant, ça va me faire des heures de cours en plus, et ça, c’est tant mieux. »

Sur le tarmac, Alexandre sort tout juste d’un baptême de l’air d’une trentaine de minutes. Il termine ce mois-ci la théorie du BIA au lycée du Grand Nouméa. « J’étais curieux des métiers de l’aéronautique et je voulais commencer à avoir des notions, dit Alexandre, en première. Ce n’était pas trop difficile : il n’y avait pas trop de formules. » A côté de lui, un camarade de seconde a cherché à mettre ce diplôme dans son CV et « mettre toutes les chances de [mon] côté. »

Blockhaus. En marge de la journée, un partenariat « classe de défense et de sécurité globale » a également été signé avec le lycée du Grand Nouméa, créant ainsi la 23e classe de défense (armée de l’air) de France, pour encadrer l’accueil de lycéens à la base, ou inversement l’envoi de personnels de la base au lycée pour des interventions autour du thème de la défense.

Entre ce partenariat, le BIA et les préparations militaires initiales (stages d’aguerrissement de quinze jours), l’armée de l’air espère bénéficier de nouvelles recrues car la France aura besoin de 2 400 aviateurs (pilote et autres) en 2016. « C’est le but de cette journée, mais on veut également montrer que la base est ouverte, précise le colonel Sadoux. Ce n’est pas un blockhaus. »

Des cours costauds

Les élèves du BIA ont cours chaque mercredi après-midi pendant 20 semaines. Pendant cette heure et demie hebdomadaire, des membres de la base aérienne, à titre bénévole, donnent des cours d’aérodynamique et mécanique du vol, de connaissance des aéronefs, de météorologie et de navigation, entre autres. A la fin de la théorie, les lycéens passent un examen (fixé en mai). Le taux de réussite s’élève à 80 %. En 2010, il y a eu 3 000 candidats au BIA (Calédonie incluse) et 10 000 en 2015.

Photo : A. P.

Paul-Klein ouvre ses portes, Les Nouvelles Calédoniennes, 4 novembre 2015.

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