«Il y a beaucoup de manifestations dans vos écoles, mais l’intérêt pour les enfants d’être ici, c’est d’échanger et de s’éprouver, lance Véronique Mollot, déléguée académique à l’éducation artistique et culturelle au vice-rectorat, à l’adresse de l’assistance. C’est très fédérateur. »
Par Aude Perron
Nous sommes au centre culturel du Mont-Dore, en plein Festival des arts (des établissements du Sud) qui a battu son plein mardi et mercredi derniers. Dans l’auditorium, les enfants, qui seront appelés à tour de rôle à rejoindre l’estrade pour se produire durant la journée, sont très surexcités. Entre cris, applaudissements et encouragements, nul doute, c’est la fête qui s’annonce.
Sans timidité face à l’assistance et avec une voix craquante, la petite élève de CE2 de l’école du Sacré-Cœur prend le micro et explique : « Avec cette danse, nous avons appris à utiliser notre corps, coopérer, se respecter et développer notre estime de soi. » Les présentations sont faites. L’instant suivant, elle et ses camarades se mettent en place, avant que la musique ne démarre et ne s’empare de tous les petits danseurs.
Aboutissement. Si c’est la fête, c’est surtout l’aboutissement des différentes classes à projets culturel et artistique (PAC) du pays et classe découverte du patrimoine, destinées aux élèves du primaire des établissements du privé et ceux du secondaire des établissements du public. Menées avec l’expertise d’artistes agréés qui interviennent de quinze à trente heures dans l’année, ces classes couvrent tous les domaines artistiques : chorale, théâtre, dan-se, cirque, slam, dessin, sculpture, etc. Et l’intérêt des enseignants pour ces classes à PAC ne cesse de grandir. Si en 2002, environ 70 projets étaient instruits, ils sont cinq fois plus aujourd’hui. « Depuis quatre ans, le festival a pris une dimension au-delà de nos espérances, confie Véronique Mollot. La croissance est régulière et on constate une diversification des projets, qui s’expriment aussi à travers l’audiovisuel ou le numérique. »
Engagement. Un engouement tel que le festival, autrefois sur deux jours en un seul endroit, se décline désormais en plusieurs temps et plusieurs lieux : établissements scolaires, centres culturels, Conservatoire et autres lieux d’expression ou diffusion. « Avec ces classes, on voit émerger des personnalités. On arrive aussi à redonner goût à l’école à des enfants un peu marginalisés. Les partenaires peuvent se rendre compte à quel point leur engagement est important et donne des résultats. »
Photo : Karine Payen
Les arts et la culture pour faire aimer l’école, Les Nouvelles Calédoniennes, 7 novembre 2015.

